Brexit : des deux côtés de la Manche, une « page blanche » à écrire

Lise Monteillet

Brexit : des deux côtés de la Manche, une « page blanche » à écrire

Acteurs agricoles et agroalimentaires sont plongés dans l’incertitude, depuis l’électrochoc provoqué par le référendum britannique, donnant gagnant le « oui » à la sortie de l’UE. « Une page blanche est à écrire », affirme Eric Giry, conseiller à l’ambassade de France à Londres.

Dans l’immédiat, l’impact du Brexit sur le secteur alimentaire est surtout lié à l’évolution de la livre. Une livre qui baisse, cela signifie un « renchérissement du coût des produits en euros », selon Eric Giry, conseiller pour les affaires agricoles au sein de l’ambassade de France à Londres. Les produits français pourraient perdre en compétitivité à l’export. Ce qui conduirait à une baisse de consommation des produits tricolores prisés outre-manche : vins, céréales, fromages, produits de boulangerie, fruits et légumes.

Balance commerciale excédentaire

La balance commerciale de la France avec le Royaume-Uni en produits agricoles et alimentaires est aujourd’hui largement excédentaire (+3,2Mds€). Le Royaume-Uni est le troisième client de la France en produits agricoles et alimentaire avec plus de 5,5 milliards d’euros exportés vers ce pays en 2015. Dans l’autre sens, le Royaume-Uni est le 6ème fournisseur de la France avec environ 2,2 milliards d’euros en 2013.

Deux ans de négociation

« On ne connaît pas encore quelles seront les conditions de sortie », précise Eric Giry.  Les relations commerciales entre les deux pays ne vont donc pas être bouleversées tout de suite. Mais des discussions longues et tendues vont s'engager pour renégocier des accords bilatéraux, dont personne ne connaît l’issue. Le possible retour de droits de douane ou de certificats d’importations pourrait alors constituer de nouvelles barrières aux échanges entre les deux pays.

La Pac perd un contributeur

Si les britanniques sortent de l’Europe, le budget de la PAC va nécessairement devoir être revu. Or, « le Royaume-Uni est un contributeur net, malgré l’existence d'un rabais », rappelle Eric Giry. En compensation, les États membres pourraient être dans l’obligation de mettre davantage la main au porte-monnaie.  

Un pays libéral de moins dans l’UE

Les rapports de force intracommunautaires vont également évoluer, le Royaume-Uni assumant une position très libérale, ancrée sur la dérégulation des marchés. Au sein de l’UE, le Brexit va entraîner « un changement d’équilibre » pour Eric Giry. « Ce vote clarifie la situation, les Britanniques ont toujours combattu la Pac. Les débats seront dorénavant plus sereins », a ainsi réagi Michel Dantin, député européen, dans la France Agricole.

Un plan B pour l’agriculture britannique

Quant à l’avenir des agriculteurs britanniques, il est aujourd’hui incertain. « Ils vont devoir mettre en place une politique agricole britannique. Pour l’instant, la page est blanche », commente Eric Giry. Le ministre de l’Agriculture britannique, Georges Eustice, favorable au Brexit, s’est engagé sur le maintien du niveau des aides, avec une simplification à la clé. Mais pour l’instant, le monde agricole est très "inquiet" et "surpris" selon le conseiller français aux affaires agricoles. En Ecosse, notamment, la population s’est prononcée à 62 % en faveur du maintien dans l’Union européenne. Un nouveau référendum sur l’avenir du pays est évoqué. « Au sein du Defra, (le ministère de l’agriculture britannique), aucun plan B n’avait été écrit. Tout reste à faire », conclut Eric Giry.  

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Commentaires 4

POTEAU3716

on va peu etre etre debarasser des moutons neo zelandais qui nous pourrisse la vie depuis ,,,,, un bateau mal saboter ,,,,
les rossbeef dehors c est du bon boulot

@bebert

j oubliai bebert la france aussi est contributeur net , on paie pour que les polonais les roumains entre autres se developpent et viennent nous concurrencer elle est pas belle la vie

@bebert

tu croyais que le budget allait augmenter?
avant le brexit les nouvelles negociations sur la pac etaient basées sur 3 hypotheses une baisse de 10% de 20% ou de 30%
avec peut etre mise en place d'assurance revenu gerée par les regions, financée en partie par la pac, et par collectivités et une cotisation des agriculteurs.....
alors pret esclaves? plus de bureaucratie , des emplois crer par le copinage des mediocres elus regionaux ( qui emploi deja bcp trop) et tout ca payé par les paysans, l'assurance revenu n agissant qu' a -30%
depuis que j ai vu ca , +les diverses resistances aux herbicides , les insultes a longueur de tps sur les reseaux sociaux sur les paysans , la paperasserie pour n importe quoi des minimis pour les atr , des demandes de justificatif de minimi pôur un remboursement d'aide pac, des demandes de justifictaif de minimi pour le remboursement fuel ...basta , les aides pac qui tardent toujours plus , c'est a desesperer, et j'ai donc choisit de chercher un autre travail
dans meme pas 5 ans les zones intermediaire seront finie d'etre violée je m'attends a des années tres dures

Beber12

On pensait que ça irait mieux sans les anglais. Apparemment ils payent plus qu'ils ne reçoivent....préparons-nous à une baisse du budget de la PAC dès la sortie du UK de l'Europe.

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