Broutards : Les conditions pour préserver la romance franco-italienne

Patricia Olivieri

Le broutard français garde un avantage concurrentiel certain sur le marché italien convoité par la concurrence et sur lequel pèsent cependant certaines menaces.

Quid de l'avenir du marché italien de la viande, notamment par ces temps de crise économique ? C'est la question à laquelle ont tenté de répondre jeudi les intervenants du colloque organisé par Interbev au Sommet de l'élevage. Une réponse attendue quand on sait la part que représente le débouché transalpin pour la production allaitante du Massif central : l'Italie absorbe ainsi plus de 85 % des broutards français exportés (contre 95 % il y a dix ans) et pèse pour plus de 60 % dans les recettes des exportations hexagonales de bovins. Premier constat, a priori rassurant : l'Italie, second consommateur européen de viande bovine (avec 24 kg équivalent/habitant/an, essentiellement du jeune bovin et de la génisse) s'enfonce dans son déficit et reste le premier pays importateur de broutards et viande bovine. Ces importations représentent ainsi un tiers de ses besoins sous forme de viande. “Ce marché reste rémunérateur”, a relevé Mélanie Richard de l'Institut de l'élevage, rémunérateur et donc sujet aux convoitises des exportateurs.

Destins croisés

Et comme Yves Tregaro de FranceAgriMer, la jeune femme n'a pas manqué de souligner la diversification des approvisionnements opérée cette dernière décennie par le voisin et partenaire italien : notamment en provenance de l'Irlande mais aussi des pays de l'Est. Une diversification attisée par la stratégie d'approvisionnement de la grande distribution transalpine (voir ci-dessous). Autres évolutions sur lesquelles Mélanie Richard a attiré l'attention : les mutations en cours chez les engraisseurs italiens. Détérioration de la valorisation des animaux finis, coûts de production en hausse, pression foncière renforcée par l'application de la directive Nitrates, développement du biogaz à partir de l'ensilage de maïs, contraintes liées au bien-être animal, sans compter les incertitudes liées aux aides de la Pac après 2013... Autant de menaces qui pourraient conduire à terme à une diminution de la production finie italienne et déstabiliser son fournisseur privilégié. Un tableau nuancé par une somme d'atouts des broutards français par rapport à leurs concurrents (image, races connues et appréciées, proximité, homogénéité des lots, disponibilité de l'offre, circuits commerciaux bien établis...). Ce qui ne doit pas empêcher, selon les experts, les acteurs de la filière française à renforcer la relation franco-italienne, en étalant par exemple les vêlages. Pour Jean-Pierre Fleury (FNB), l'élevage français doit “anticiper” et “repositionner l'engraissement en France”, tandis que son collègue de la FFCB (marchands de bestiaux) incite lui à regarder aussi du côté de l'Espagne et du Magreb.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source Journal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier