Bruno Le Maire au Space : Objectif : Réduire d'un euro de l'heure le coût du travail

Une fois n'est pas coutume, aucun incident n'est venu troubler cette année la visite de Bruno Le Maire au Space…A l'occasion de l'inauguration du salon, il a promis de réduire le coût du travail pour les salariés d'exploitations agricoles.

Il y a deux ans, en pleine crise du lait, le ministre avait dû se réfugier dans un Algeco pour échapper aux manifestants alors que l'an dernier, il n'avait pas pu visiter le salon mais avait pu tenir son discours. « Cette année, pour la 25e année du SPACE, c'est fromage et dessert, vous avez visite et discours. Tant pis pour vous ! » a déclaré Bruno Le Maire.

Le ministre a assuré bien comprendre le sentiment « d'abandon » qui peut toucher certains agriculteurs et a rappelé les mesures prises en faveur des éleveurs touchés par la sécheresse de ce printemps. « Dès le 15 septembre, cent millions d'euros seront délégués aux départements pour versement immédiat aux agriculteurs qui en ont le plus besoin. » a assuré le ministre.
Il confirme également que les éleveurs toucheront mi-octobre le versement anticipé de 50% des DPU, de 80% de la PMTVA et de 50% des aides aux ovins et aux caprins. « Nous avons finalisé avec les banques les modalités d'aménagement des prêts qui avaient été contractés par les éleveurs dans le cadre du plan de Poligny en 2009, dont le dispositif sera opérationnel d'ici la fin du mois. » annonce-t-il. Enfin, il confirme que les producteurs des zones reconnues en calamité agricole bénéficieront d'un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti.

Maîtrise des coûts de production

Il estime que « la compétitivité doit être l'un des maîtres-mots de l'agriculture française pour qu'elle puisse résister à la concurrence de nos grands voisins européens ». Une compétitivité qui passe d'abord par la maîtrise des coûts de production et notamment du coût du travail. « Je souhaite que le coût du travail permanent dans l'agriculture soit réduit d'un euro de l'heure au 1er janvier 2012. C'est une question de survie pour des milliers d'exploitations en France ».

Concernant la modernisation des bâtiments, le ministre annonce le maintien des aides pour la filière porcine de 60 millions sur trois ans pour la mise aux normes, mais aussi pour les investissements. Le soutien en faveur des filières avicoles, 20 millions d'euros sur trois ans, pour les élevages de poules pondeuses comme pour les producteurs de foie gras, sera également maintenu.

Développe de l'activité engraissement en France

Bruno Le Maire souhaite enfin une meilleure organisation des filières et interpelle le monde agricole : « Avec 280 organisations de producteurs sur l'ensemble du territoire, comment voulez-vous être efficaces ? » . Il appelle les producteurs de lait à s'organiser pour négocier collectivement le prix du lait avec les industriels.

Pour améliorer la compétitivité de la filière bovins viande, le ministre plaide enfin pour le développement de l'activité engraissement en France. La majorité des bovins français sont en effet « finis » en Italie. Il annonce la mise en place d'une aide à l'engraissement des jeunes bovins de 8 millions d'euros. « Nous commencerons avec un seuil d'éligibilité de 50 jeunes bovins pour développer des ateliers qui puissent être performants » précise-t-il.

Autre direction souhaitée par le ministre pour développer la filière viande : l'exportation. Après l'ouverture du marché russe, le ministre annonce, en Turquie, le déblocage du marché des bovins d'abattage. Les négociations sont en cours pour les bovins d'engraissement ou pour les bovins reproducteurs. En Égypte, en Irak, au Kazakhstan, en Mongolie, les marchés sont également ouverts. « A vous de jouer, la balle est dans votre camp pour prendre désormais ces marchés », conclut-il.

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