Bruno Le Maire : Ne pas se focaliser sur la question des quotas»

Sophie Caron

Le nouveau ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, est convaincu que la réponse à la crise laitière viendra, en premier lieu, de l'Europe. Mais il estime qu'il ne faut pas se focaliser sur la question des quotas laitiers.

« L'avenir se joue en Europe » a répété Bruno Le Maire, ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche qui recevait à déjeuner Mariann Fischer Boel, Commissaire européenne chargée de l'agriculture et du développement rural.

Le nouveau ministre, qui déclare « comprendre la détresse des éleveurs », a clairement affirmé que le problème du maintien, ou non, des quotas laitiers n'était plus le centre du débat. Selon lui, le problème est ailleurs. « Ce qui importe c'est que le producteur ait un minimum de visibilité et de stabilité pour lui assurer un revenu régulier et acceptable » déclare-t-il.

Quotas laitiers : une bataille perdue d'avance ?

Quelques heures plutôt, répondant aux questions des sénateurs, le ministre avait été plus précis en déclarant : « Il ne s'agit pas de maintenir ou non les quotas laitiers, mais de savoir si nous les remplissons. Or, tel n'est pas le cas. Il serait possible de plaider matin, midi et soir auprès de la Commission et du Conseil pour le rétablissement des quotas, mais je n'aime pas livrer des batailles inutiles ou perdues d'avance (…) Ne nous focalisons donc pas sur cette question des quotas, débat plus théologique que pratique »

Maintenir des outils de régulation de la production

Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il faille instaurer une libre concurrence dans ce secteur, estime Bruno Le Maire qui reconnaît la nécessité de maintenir et de renforcer des outils de régulation de la production.

D'ici septembre, la Commission européenne doit, sur demande du Conseil de l'Europe, proposer une analyse du marché du lait, indiquant des formules pour stabiliser les prix. Mariann Fischer Boel a promis, aujourd'hui, de rendre sa copie pour le 22 juillet. « Je suis d'accord avec Bruno sur la nécessité de régulation, mais nous avons deux traductions différentes de ce mot… », a-t-elle précisé.

« La question de contractualisation est majeure »

Au niveau national, le nouveau ministre plaide pour une plus grande transparence des prix « Nous avons besoin de savoir où va l'argent ». Il souligne l'importance d'améliorer, sur le terrain, les relations entre distributeurs et producteurs. Selon lui, « La question de contractualisation est majeure ».

Devant les sénateurs, il a appelé de ses voeux de nouvelles « relations contractuelles durables précisant les prix, les engagements sur les volumes, le calendrier des livraisons, les modalités de règlement, de renégociation ou de résiliation des contrats. »

Bruno le Maire rencontrera dès demain des producteurs laitiers, en Seine-Maritime.

Publié par Sophie Caron

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