C'est l'ouverture dimanche ! : Chasseurs-agriculteurs : le dialogue nécessaire

Didier BOUVILLE

C'est l'ouverture dimanche ! : Chasseurs-agriculteurs : le dialogue nécessaire

L'ouverture générale de la chasse aura lieu ce dimanche à la levée du jour, un mois après l'ouverture de la chasse aux sangliers ouverte depuis la mi-août.

Michel Gombert, président de la Fédération Départementale de la Chasse (14 000 adhérents) regrette que les agriculteurs soient de moins en moins nombreux à chasser, «sur mon secteur de Luc, nous n'en n'avons qu'un tiers, c'est dommage pour l'équilibre des bonnes relations entre chasseurs et agriculteurs». Depuis 2006, le dialogue s'est amélioré avec la mise en place d'unités de gestion animées par des comités de pilotage où sont représentés à parité les agriculteurs et les chasseurs.
«Cela contribue à responsabiliser les sociétés de chasse en faveur de la gestion du gibier, notamment le sanglier dont les dégâts de cultures sont préjudiciables à notre métier» ajoute Claude Rabayrol, président de la Section Chasse et Dégâts de gibier de la FDSEA (à gauche sur notre photo). «Les unités de gestion doivent remplir leur rôle» ajoute M. Gombert, «dans le respect du travail des agriculteurs. Dans le cas contraire, nous mettons en place des battues administratives si nécessaire». Si la Section Chasse et Dégâts de gibier de la FDSEA confirme les bonnes relations entre les deux parties, elle n'en souhaite pas moins faire évoluer le dispositif en vigueur relatif aux dates de chasse.

Chasser tous les jours

«Ce que nous voulons, c'est pouvoir chasser tous les jours, notamment entre le 14 septembre et le 5 janvier» lâche Claude Rabayrol. Michel Gombert, rétorque que «c'est l'assemblée générale de notre Fédération qui décide des jours de chasse. Je comprends cette revendication des agriculteurs mais je leur dis aussi que nous avons un devoir de respect de la nature, pour laisser les espèces se reproduire. Mais entre le 5 janvier et le 28 février, ce sont les unités de gestion qui décident d'intervenir s'il y a des dégâts de gibier sur les cultures». Michel Gombert indique que le bilan actuel des dégâts de gibier est comparable à celui de 2007, «avec de gros dossiers cette année». Il ajoute que sa Fédération sensibilise les chasseurs afin qu'ils soient respectueux de la nature et de la propriété d'autrui, dans le cadre de leur mission de service public.

Devoirs et droits

Claude Rabayrol estime que le dialogue doit être amélioré entre chasseurs et agriculteurs. «Si nous avons des devoirs, nous avons aussi des droits en tant que propriétaires autorisant les sociétés de chasse à venir chasser sur nos territoires. Mais l'agriculteur perd un peu le contrôle de la chasse du gros gibier. Car des décisions pas toujours favorables à nos intérêts sont prises, notamment pour les dates de chasse. La nature appartient à tout le monde certes. Mais le droit de propriété, c'est aussi pour un agriculteur la possibilité d'intervenir chez lui lorsqu'il y a des dégâts de gibier importants qui représentent un préjudice financier souvent conséquent».

Source La Volonté Paysanne

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