C’est presque dans la poche dans le Cantal

PATRICIA OLIVIERI

Les tonnages d’emballages, films, big-bags... collectés et recyclés continuent de progresser.

En 2002, la profession agricole - via la société Adivalor(1) - se lançait dans la collecte des EVPP, les emballages vides de produits phytosanitaires. Cinq ans plus tard, c’était le tour des emballages de produits fertilisants, puis des films agricoles et des bidons de produits d’hygiène de traite en élevage laitier en 2008, avant les semences (2012) et les ficelles cette année. Et en à peine plus de dix ans, les résultats ont dépassé les espérances comme l’a montré Sébastien Souchon d’Adivalor vendredi dernier lors d’une réunion organisée à Aurillac par la Chambre d’agriculture et associant les GVA (groupements de vulgarisation agricole) et les collectivités (intercommunalités) impliquées dans ces opérations(2). Ainsi, pour la campagne 2013, le taux de collecte national, tous produits confondus, a atteint 63 % : 78 % pour les EVPP, 70 % pour les emballages de produits fertilisants, 62 % pour les plastiques agricoles usagers et 33 % seulement pour les emballages de produits d’hygiène de traite. Des taux qui font rêver les acteurs de l’éco-emballage... “Tous ces taux sont en progression par rapport à 2011, a souligné Sébastien Souchon, qui passe la main sur le secteur Sud-Ouest à Laurence  Durade. L’objectif annoncé par la profession est d’atteindre un taux de 75 % pour l’ensemble de ces produits en 2015.” Sachant aussi que 99 % des films collectés (et environ 50 % des bidons) sont recyclés, essentiellement sous la forme de sacs poubelles.

Près de 800 tonnes collectées

Dans ce tableau hexagonal plutôt flatteur, le Cantal n’est pas en reste avec des tonnages qui, ici aussi, progressent : 3,6 tonnes d’EVPP collectées au printemps 2013 (+ 20 % par rapport à 2011)  ; 3,6 T également d’emballages de produits d’hygiène de traite(3) (+ 12,5 %) ; 26 T de big-bags soit 22 000 sacs usagés récupérés (chiffre stable) ; 721 T de films d’enrubannage et d’ensilage recyclés plus une centaine de tonnes collectées mais non valorisées. “Pour les films (75 % sont des films d’enrubannage, NDLR), on semble être arrivé en régime de croisière”, a relevé Yann Rolland, en charge de ce dossier à la Chambre d’agriculture.  Ce bilan situe le Cantal en bonne place au regard des tonnages collectés dans les départements limitrophes. “Pour autant, il y a encore de la marge et des films à aller chercher”, a relevé le représentant d’Adivalor qui estime que moins de 50 % des agriculteurs participent à ces collectes. “Ils s’en brûlent encore pas mal”, ont confirmé les responsables de GVA présents. Parmi les freins identifiés : la périodicité, avec un volume important à stocker sur la période hivernale. Un obstacle difficile à lever dans le Cantal du fait des conditions climatiques peu propices à des collectes l’hiver. Sans compter la mobilisation nécessaire d’agriculteurs bénévoles et d’agents de communautés de communes pour surveiller les sites de dépôt.Des collectivités qui continuent à bien jouer le jeu même si certaines ont émis le souhait de prendre du recul cette année.

 Le Cantal bon élève des collectes agricoles mais peut encore mieux faire.

L’agriculture avant-gardiste

“La profession agricole est la seule à assumer tous les coûts post-collecte”, leur a rappelé Laurence Durade. Ainsi, qu’il s’agisse d’un GVA ou d’une communauté de communes, l’organisme qui conventionne avec Adivalor perçoit un soutien financier sur les tonnages collectés et effectivement valorisés par le recyclage avec des barèmes (2012-2013) qui s’étalent de 20 € la tonne pour les films d’enrubannage à 105 € la tonne pour les ficelles. En soustrayant des tonnages de déchets mis en centre d’enfouissement, ces collectes constituent en outre au pire une opération blanche financière pour la collectivité, ont plaidé les représentants d’Adivalor. Le bilan qualitatif est lui encore perfectible dans le Cantal, juge Adivalor : “On a eu du bon et du très mauvais” a indiqué Sébastien Souchon, photos de bâches souillées, mélangées à de la terre, à l’appui. Aussi a-t-il été souligné que tout doit être mis en œuvre pour améliorer la qualité dès le stockage sur l’exploitation (éviter le mélange, les souillures, pierres, ferrailles...) pour éviter par ailleurs la casse de matériel (presse hydraulique).
(1) Adivalor a été créée en 2011 par l’UIPP, l’UPJ, Coop de France, l’APCA, la FNSEA, la Fédération du négoce agricole, Invivo. (2) Si les distributeurs étaient conviés, seuls deux d’entre eux avaient répondu présents. (3) Sans compter les tonnages collectés en direct par certaines coopératives.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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