Calamités : Tout bascule en moins d’une minute

Rédaction Vendée agricole

Dimanche dernier au petit jour, le bourg de Saint-Hilaire-le-Vouhis a été frappé par une tornade. Une exploitation en a fait aussi les frais. Reportage.

Seul le bruit des tronçonneuses et des manitous fend le silence qui s’est abattu sur le centre bourg de Saint-Hilaire-le-Vouhis. Après le passage de la tornade de dimanche dernier à  7 heures du matin,  les habitants pansaient encore leurs plaies lundi. La rue principale est désormais dégagée. Mais les traces de ce mauvais coup de vent sont bien présentes.  Les habitants ont paré au plus urgent. Sur les toits des maisons, ils ont installé des bâches pour isoler les maisons et dans les jardins, ils ont entassé les branches et les troncs des arbres déracinés. Juste à la sortie du bourg, la ferme des Brigardières n’a pas été épargnée. Les agriculteurs ont déjà nettoyé les abords. Ici aussi, les agriculteurs ont dû rassembler des branches, des morceaux de PVC d’une cabane de jardin d’un voisin, des amas de ferrailles, des ardoises de l’église, des ardoises tombées sur les tas d’ensilage et des tôles de la toiture d’une stabulation. Devant une des chèvreries, le portail jonche le sol, arraché et plié par le vent, Un peu plus loin, c’est l’atelier de réparation du matériel agricole qui n’a plus de toit. Et, plus impressionnant encore, derrière les chèvreries, le hangar au matériel agricole a été soulevé et déplacé de deux mètres avec ses plots de fondations.

Un bruit sourd, des bâtiments qui tremblent

Les trois associés du Gaec des Brigardières sont encore sous le choc. Un coup de massue qui leur est tombé dessus dimanche matin à l’heure de la traite des chèvres. «De la salle de traite, on entendait la pluie tomber fort. Le compteur électrique ne faisait que sauter. Et puis, il y a eu  un bruit sourd. Ça tapait sur le bâtiment qui s’est mis à trembler » raconte Dominique Maudet, un des trois associés «Ça n’a duré que trois minutes. Mais on pensait qu’à sauver notre peau et aller retrouver nos femmes et nos enfants. »  Lorsqu’ils entrouvrent une porte, dehors, c’est encore la pénombre.  « Des projectiles volaient partout. Et le vent avait arraché le portail de la stabulation. » Leur réflexe :appeler les pompiers. « Mais, les rues du centre bourg où a frappé le cyclone,  étaient bloquées par les arbres et les débris de tuiles» témoigne Maxime Coulon.
Rapidement, des agriculteurs de la commune, de Saint-Martin-des-Noyers, de Chantonnay arrivent pour leur donner un coup de main. «Ça fait chaud au cœur. Ils sont venus spontanément. Ils étaient bien une vingtaine. Ils nous ont aidés à déblayer avec un de leur télescopique et à passer la désileuse et la pailleuse » confie Denis Coulon. La traite interrompue brutalement n’a pu être terminée qu’à midi. «Nous n’avons pas pu reprendre la traite rapidement car la fosse  était pleine d’eau. On a fini les 200 autres chèvres à midi. »  
S’il n’y a pas eu de pertes d’animaux, les dégâts sur  trois bâtiments vont peser lourd pour ces éleveurs installés sur le site que depuis 2006.  «C’est comme-ci, il fallait repartir à zéro. On venait juste de terminer les aménagements de la stabulation ». La santé de leurs chèvres les préoccupe tout autant. « Le bruit a pu les stresser et les perturber. On a déjà pu constater une baisse du lait dans notre tank et, craint Denis, 300 de nos chèvres sont pleines. Elles pourraient avorter ».

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