Campagnes TV, la télé pour “garder les pieds sur terre”

Patricia OLIVIERI

Enfin une chaîne qui sort des sentiers battus dédiée au monde rural et à ses habitants et qui a eu la bonne idée de venir tourner plusieurs épisodes dans le Cantal...

À 48 ans, Thierry Laval a déjà derrière lui plusieurs vies professionnelles : après des débuts au marketing chez Pernod Ricard, puis une expérience au sein de l’agence de pub d’un groupe américain, il prend la direction de MCM, première chaîne musicale française, crée Muzzik, la première chaîne TV dédiée au jazz et à la musique classique, rejoint TF1, Canal +, Vivendi universal, avant de développer avec Olivier Bertrand, un Cantalien, Bert’s, une chaîne de restauration rapide haut de gamme qu’il exporte en Asie et au Moyen orient... Cet entrepreneur touche-à-tout, issu d’une famille d’agriculteurs dans la Somme, a ajouté il y a quelques semaines une autre corde à son arc audiovisuel déjà bien développé : Campagnes TV, la première chaîne hexagonale dédiée au monde rural et à ses problématiques, diffusée actuellement par abonnement sur les réseaux Free, Orange et dans quelques jours sur l’ensemble de ceux des opérateurs du Net(1).

L’équipe de techniciens cantaliens en tournage lors de l’émission consacrée à Aurillac, ici au marché couvert où Bernard Berthelier guide Gérard Klein.

Contents d’être là ? Oui !

Pourquoi ce nouveau défi ? Pour “un tas de bonnes raisons”, répond l’intéressé qui s’est inspiré pour le coup de RuralTV, la grande sœur américaine qui compte pas moins de 65 millions de foyers abonnés outre-Atlantique : “Il s’agit de replacer la ruralité dans sa modernité, de parler des tas de choses très intéressantes et innovantes qui se déroulent dans les campagnes, explique-t-il. On veut parler des agriculteurs, de l’alimentation, de l’environnement, de l’art de vivre dans ces territoires ruraux, c’est-à-dire aussi bien de produits de terroir, de gastronomie, de tourisme vert, de patrimoine culturel, artisanal...” Documentaires, témoignages, reportages, magazines pratiques, débats... Campagnes TV (Thierry Laval étant particulièrement attaché à ce pluriel), a priori loin de sombrer dans le “romantique rural”, vise un potentiel de 12 millions de foyers et s’est entourée pour cela de plusieurs figures des ondes et du petit écran : Éric Jean-Jean (RTL), Jacques Legros (TF1), le chef étoilé Guy Martin, Laetitita Bléger, une ex Miss France, Pauline Delpech, comédienne et écrivain,...  et un certain Gérard Klein, avec qui Thierry Laval était en janvier dans le Cantal pour le tournage des deux premiers numéros de l’émission “Contents d’être là ?” l’un dédié à la race salers, le second à la ville d’Aurillac sachant que quatre autres épisodes cantaliens sont programmés(2). C’est d’ailleurs à l’ancien “instit” que l’on doit cette incursion en terre cantalienne, dont les images figurent également au générique permanent de l’émission.

Ça tourne dans le Cantal

“Quand Thierry Laval m’a proposé début décembre ce projet, j’ai accepté car on va vraiment parler de la campagne, qu’on ne montre généralement que lorsqu’il y a problème. Là, on va montrer que des gens y vivent, qu’ils traient matin et soir mais qu’en même temps, ils sont contents d’être ici”, commente Gérard Klein qui, dans la foulée, va  contacter Thierry Marsilhac, photographe cantalien mais aussi fondateur d’une maison d’éditions, pour tourner cette émission. “Il a été partant tout de suite.” Les choses s’enchaînent alors rapidement et mi-janvier, Thierry Marsilhac, épaulé par Paul Dufour (Couleur Cantal) et Sonia Molhérat, accompagnent l’animateur sur le tarmac de l’aéroport d’Aurillac, au marché couvert du samedi matin, dans l’élevage de Jean Trin. “Sur cette émission, on préfère travailler avec des gens de province, moins stressés, qui connaissent bien leur sujet”, explique Thierry Laval. “Pourquoi les gars du Cantal ne seraient pas capables de tourner une telle émission ?”, abonde Gérard Klein. Ce dernier  a imposé à l’équipe cantalienne des prises uniques : “Par respect pour les gens qu’on filme, quand on débarque chez un gars au milieu de ses vaches, c’est à nous de nous débrouiller, de le déranger le moins possible.” Le résultat ? Une émission de 26 mn qui donne envie de sillonner la - pardon - les campagnes à la rencontre de ces hommes et femmes qui ont la ruralité chevillée au corps, des producteurs fermiers, des éleveurs sélectionneurs salers, des bouchers, charcutiers, commerçants à la devanture centenaire, des météorologistes aussi qui partagent en commun cet art du bien-vivre à la campagne.
(1) Diffusée sur le câble, le satellite et les réseaux ADSL. (2) Probablement sur la fête de l’estive à Allanche, les Tersons Aubrac, la transhumance ovine...
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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