Canada : un pays résolument contre les barrières douanières

Raphaël Lecocq

Canada : un pays résolument contre les barrières douanières

Le Canada est riche de ressources agricoles, forestières, halieutiques, minières, pétrolières ou encore manufacturières, bien supérieures à la demande intérieure. D’où la propension du pays à négocier des accords de libre-échange.

Quelle est l’importance du Canada pour l’économie française ?

La France est le troisième partenaire commercial européen du Canada avec 5,5 Mds € d’exportations et 5,1 Mds € d’importations de biens et de services en 2013. En termes d’investissements directs étrangers au Canada, la France se classe en deuxième position, derrière le Royaume-Uni et avant l’Allemagne. De plus la France est le 2ème investisseur mondial au Québec. Environ 280 entreprises canadiennes représentant 40 000 emplois sont implantées en France dans de nombreux secteurs (Bombardier, CNC-Lavalin, Vermilion, Caisse de dépôt et de placement du Québec, CGI, Cascades, Magna, McCain, Aastra, RIM, Lembec, Transat, etc.) et environ 550 entreprises françaises employant plus de 80 000 personnes sont implantées au Canada, dont 70 % au Québec, et actives dans de nombreux secteurs porteurs (Sodexo, Lafarge, Ubisoft, Rexel, Air Liquide, Sanofi Aventis, Alstom, Colas, Thalès, Hachette, Veolia, Essilor, Lactalis, etc.). Le Canada est considéré  comme attractif pour les investisseurs français et présente un potentiel de croissance important. 

Couvrant près de 10 millions de km2, le Canada est le pays le plus étendu au monde, derrière la Russie. Si la forêt couvre près du 50 % du territoire, son espace agricole est relativement vaste : les terres agricoles couvrent 62,6 millions d’ha (29,2 M ha en France), dont 43 M ha de terres arables (18,4 M ha en France). Avec une population se cantonnant à 36 millions d’habitants et malgré des rendements moyens contraints par le climat (30 q/ha en blé), l’exportation de produits agricoles et agroalimentaires est un passage obligé et fait du Canada le 5ème exportateur mondial de la catégorie, derrière l’UE, les Etats-Unis, le Brésil et la Chine. C’est en outre le 3ème exportateur mondial de bovins, le 4ème de grains et le 5ème de porcs. En 2012, l’agriculture représentait 1,6 % du Produit intérieur brut (1,7 % en France). Sa balance commerciale agroalimentaire affichait alors un solde positif de 9,4 milliards d’euros (11,9 Mds € pour la France).

L’Hôtel de Ville de Montréal, et son balcon, où le Général de Gaulle lança, le 24 juillet 1967 : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »

Accords de libre-échange tous azimuts

Le Canada n’est pas seulement riche de produits agricoles. Il peut aussi compter sur ses ressources forestières, halieutiques, minières et pétrolières, sans oublier son industrie manufacturière. Conséquence : le pays prône la réduction des barrières douanières tous azimuts, ce qui passe par la signature d’accords de libre-échange avec de nombreux pays, dont le plus important est sans conteste celui signé en 1994 avec les Etats-Unis et le Mexique (Alena). Revers de la médaille : le Canada est fortement dépendant de ses exportations vers les Etats-Unis, pointant à 50 % dans le secteur agricole et agroalimentaire, loin devant le Japon (9 %) et la Chine (6 %). Pour assurer ses arrières et sa croissance, le Canada a multiplié les accords de libre-échange au cours des 10 dernières années : Israël, Chili, Costa Rica, Pérou, Colombie, Jordanie, Panama, Honduras, Corée. Le Canada est par ailleurs en cours de négociation avec l’Ukraine et concerné par le projet de Partenariat Transpacifique (PTP) aux côtés de 11 autres pays, dont les Etats-Unis, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…

Accroitre d’un quart les échanges

S’agissant de l’Union européenne, 1ère puissance économique mondiale (à 28), faut-il le rappeler, le  Canada attend de pied ferme la signature du CETA. Objectifs affichés par le CETA : établir des liens économiques avancés et privilégiés entre les deux parties, par un accès accru aux marchés des biens et des services et par l’amélioration des règles sur les échanges pour les acteurs économiques. Le CETA devait accroître les échanges de 23 % entre l’UE et le Canada. L’accord contient des dispositions aussi diverses et variées que l’admission et le séjour temporaires des personnes physiques à des fins professionnelles, la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, les services de transport maritime international, les télécommunications, le commerce électronique, la politique de la concurrence, les entreprises d’État, les monopoles et entreprises bénéficiant de droits ou de privilèges spéciaux, les marchés publics, la propriété intellectuelle etc. Sans oublier l’agriculture.

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Commentaires 3

Pagel

Libre échange avec le Canada?... Voyons ce n'est pas sérieux! Regardons avec lucidité les échanges actuels: tout simplement des barrières étanches qu'il dresse contre l'importation des vins et spiritueux français entre autre tout en se moquant de toute les garanties d'origine et les plagiant. Même l'ex- URSS n'aurait pas osée.

Bruno

Combien d'accords précédents ont été négociés avec l'agriculture comme variable d'échange ?
A chaque fois, on a eu des importations agricoles massives contre des " services " vendus, lesquels finissaient par être délocalisés avec transfert de technologie quelques années plus tard.
En même temps, il faut aussi comprendre que ces échanges créent en ville des emplois, et qu'il n'y a plus personne qui représente la ruralité, à tous niveaux d'ailleurs :
régions, départements, même les communautés de communes ont aujourd'hui un système de représentativité qui marginalise le milieu rural.
Il suffit déjà de constater à quel point notre ministre endosse davantage son costume de porte parole du gouvernement que celui de son ministère...

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

oui, le canada ne voit que son avantage...

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