Cantal : Contre les importations du Mercosur, les éleveurs défendent leur bifteck

Renaud Saint-André

Dans le berceau des races à viande, on n'admet pas que l'Europe passe des accords pour importer une viande qui ne répond pas aux mêmes exigences sanitaires.

Cantal

“Les éleveurs ne comprendraient pas que puisse être importée de la viande des pays du Mercosur, où l'on s'assoit sur les conditions sanitaires et sociales, avec la bénédiction de l'Europe et des pouvoirs publics. Et ce, à l'heure où il est plus que jamais nécessaire de sauver des exploitations et tous les emplois créés dans la filière bovine. On ne peut pas brader tout cela au nom de considérations spéculatives”, estime Patrick Bénézit, secrétaire général de la FDSEA du Cantal et représentant la Fédération nationale bovine (FNB). “Les accords qui pourraient être conclus à Madrid mettraient en péril la viande bovine française et européenne”, renchérit Patrick Escure, président de la FDSEA. “La direction générale de l'agriculture chiffrerait une perte sèche pour l'Europe comprise entre trois et 13 milliards d'euros”, affirme Patrick Bénézit. Voilà pourquoi mardi, près de 40 éleveurs ont mené une action coup de poing à Aurillac. À l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, ils ont perquisitionné les réfrigérateurs de trois grossistes : Promocash, Picard et Krill.

Perte sèche... en milliards

Le constat : la restauration cantalienne s'approvisionne beaucoup en viandes étrangères ; allemande, notamment. Car de produits brésiliens ou issus autres pays émergeants du sud, il y en avait assez peu ce jour là. “Prévenus du mot d'ordre national, ils ont eu le temps d'en planquer”, supposait le groupe de manifestants. Une prise symbolique de quelques kilos de viande surgelée a été cependant confisquée et amenée en préfecture ; prise de guerre, témoin du double langage des pouvoirs publics qui exigent - et contrôlent - des conditions d'élevage exemplaire et qui, dans le même temps, autorise l'importation de produits de qualité douteuse, au regard des exigences européennes. “Sans compter l'impact carbone”, remarque Patrick Bénézit, en avançant quelques données : un tonnage deux fois moindre pour l'élevage français que la moyenne mondiale. Et encore, annulé par le stockage des prairies. “Et ça, ce n'est pas le cas au Brésil”, assure-t-il. “On sait combien d'hectares de forêts brûlent pour y implanter leurs exploitations”, argumente un autre éleveur. Quant au volet social... “Encore un gouffre entre là-bas, où les fermes sont de grandes entreprises capitalistes, à l'opposé de nos fermes qui sont des structures familiales”, soulignent des manifestants.

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Source L'Union du Cantal

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