Cantal : La belle aux yeux de kolh n'en finit pas d'attirer

Patricia OLIVIERI

l'occasion de son concours départemental, l'aubrac affiche sa volonté d'ouverture et ses ambitions. Celle d'une race en phase avec les attentes du marché et des éleveurs.

La race a bien failli ne plus appartenir qu'à la mémoire agricole française, sacrifiée sur l'autel de la rentabilité des années 60, celles du règne de la bascule et du compteur à lait. “À l'époque, on n'avait pas besoin des petites races comme l'aubrac, relate Michel Bos, président du syndicat cantalien des éleveurs d'aubracs. On a souffert mais, finalement, ça a été bénéfique : ce sont les meilleurs éleveurs et animaux qui sont restés.” Quatre décennies et une foison de réformes agricoles plus tard, la belle aux yeux cernés de kolh semble en passe de prendre sa revanche. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à les écouter, ces éleveurs fiers d'avoir fait le choix de la race ou d'avoir perpétué un héritage familial. L'aubrac, pour Michel Mallet, éleveur-sélectionneur à Colin d'Ayrens en Gaec avec son frère, c'est une histoire récente : installé en salers depuis 15 ans, il doit surmonter en 2005 l'abattage total de son troupeau pour cause de brucellose. “On est alors reparti en aubrac, expose Michel Mallet, qui s'est laissé convaincre par un cousin. C'est un choix qui s'est avéré judicieux. On a un produit qui se vend bien”.

Irrésistible

Des vaches faciles à mener, dotées de fortes facultés d'adaptation, rustiques, bonnes mères à veaux et un produit qui se vend bien : tels sont les atouts de l'aubrac que son organisme de sélection (OS) a résumés dans une formule : “L'optimum et pas le maximum, une race autonome donc économe.” “Nous ne cherchons pas la plus grosse vache ni la plus lourde, explique Michel Bos, vice-président de l'OS aubrac. Notre premier objectif est la productivité numérique avec un veau par vache et par an.” Depuis plusieurs années déjà, l'instance raciale mise aussi sur la capacité des aubracs à valoriser au maximum les fourragers grossiers à moindre frais donc, en intégrant également une préoccupation croissante, notamment chez les jeunes éleveurs, en termes de confort de travail et de qualité de vie. “On correspond de plus en plus au marché, enchaîne M. Bos, évoquant une progression fulgurante et irrésistible dans le Cantal - où l'aubrac a plus que triplé ses effectifs depuis la fin des années 80. Et les responsables de la race ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin : ils osent cette année ce qui, il y a peu encore, aurait été vécu comme un sacrilège : exposer ses plus beaux atours cantaliens en Châtaigneraie à l'occasion du concours départemental. Fiers, amoureux de leur race, les éleveurs aubracs, à l'image de M. de Lapanouse, n'hésitent plus à parler “d'adéquation parfaite entre l'aubrac, l'éleveur et leur pays”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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