Cantal : La CVO : une avancée majeure dans l'organisation économique

P.O.

L'instauration par arrêté interministériel d'une cotisation volontaire obligatoire est saluée par tous les acteurs des filières AOP d'Auvergne comme une étape essentielle.

CVO : trois lettres peu évocatrices pour une majorité de producteurs de lait, qui, pourtant, sont synonymes pour les quatre appellations d'origine protégée (AOP) d'Auvergne de grande avancée. Avalisée officiellement par un arrêté interministériel publié au Journal officiel du 5 octobre 2009, cette cotisation volontaire obligatoire constitue une première dans l'histoire des filières laitière et fromagère. Retour en arrière : début février 2009, à l'issue de séances de négociations tendues, les acteurs des filières AOP d'Auvergne (bleu d'Auvergne, cantal, fourme d'Ambert et saint-nectaire) parviennent à un accord historique : pour la première fois est en effet acté le principe d'une plus-value pour le lait transformé en AOP d'Auvergne.
“Dans cet accord, il y avait plusieurs éléments, explicite Michel Lacoste, président de l'interprofession laitière régionale Auvergne-Limousin, le Crieal. D'abord un constat et une vision partagés par les producteurs, les fromagers et les affineurs : à savoir, le fait qu'on ne pouvait assurer un avenir aux appellations d'Auvergne sans une valorisation supérieure de ces produits”.

Tout le poids de l'État

Un constat qui amenait dans la foulée un engagement : la mise en oeuvre dès l'année 2009 d'une “prime AOP” de 30 e / 1 000 litres de lait transformé en AOP, avec l'objectif d'atteindre une plus-value de 70 e au plus tard en 2015. L'accord spécifiait en outre l'origine de cette plus-value : la fameuse CVO. “Le principe de cette cotisation - volontaire, car elle découle d'un choix de la filière, et obligatoire car elle est étendue par l'État à tous les opérateurs - est de prélever à chaque metteur en marché, et pour chaque kilo vendu, une cotisation équivalente à 30 e / 1 000 l de lait transformé en AOP”, détaille Michel Lacoste. Une cotisation qui doit se répartir entre un retour de rémunération aux producteurs et un fonds de promotion et de valorisation des AOP d'Auvergne. “Sachant que ces 20 % qui iront à la communication constituent la participation des producteurs au financement des ODG (organismes de défense et de gestion) de chacune de ces appellations”, ajoute le président du Crieal, rappelant au passage que, jusqu'à présent, seules les entreprises contribuaient aux ressources de ces ODG, tel le Cif. Mais pourquoi plus de six mois entre l'accord scellé au printemps et la déclinaison interministérielle ? “On s'est heurté à la difficulté de faire relayer et valider cet accord par les représentants nationaux des trois familles signataires, notamment par le collège industriel. Si on y est arrivé, c'est qu'au niveau régional, la solidarité est restée de mise”, répond Michel Lacoste, qui n'a pas souhaité s'appesantir sur ces déboires, préférant relever le caractère unique d'un dispositif, acté pour deux ans, “qui n'existe nulle part ailleurs et qui fait force de loi”.

La force de la CVO

Et c'est bien là, pour celui qui est par ailleurs président du Cif, toute la force de cette CVO. “C'est un élément très important qui instaure un nouveau mode d'organisation collective tant dans les relations entre producteurs et transformateurs que dans les relations entre transformateurs eux-mêmes. Cela oblige les opérateurs à faire acte de solidarité, tout comme cela induit une approche commune des producteurs derrière l'appellation”, estime Michel Lacoste, pour qui cette étape en appelle désormais d'autres. À commencer par la mise en oeuvre par le Crieal d'une mécanique pour appeler cette CVO et la reventiler aux producteurs et au fonds de promotion. Puis le recueil des indicateurs économiques liés aux marchés des AOP d'Auvergne permettant d'alimenter les prochaines discussions destinées à fixer le niveau de la CVO pour l'année 2010, “sans perdre de vue l'objectif de 70 e / 1 000 l”, glisse Michel Lacoste. Troisième chantier à venir : la réflexion sur le système qui pourrait prendre le relais de la CVO, validée pour l'heure pour deux ans. “Il faut profiter de l'écoute plus favorable des pouvoirs publics en cette période de crise laitière pour faire des propositions”, conclut Michel Lacoste.

Source union du Cantal

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