Cantal : Les vertus incarnées de l'engagement syndical

P. OLIVIERI

quelques jours de l'assemblée générale du syndicat, Véronique Pouget témoigne de son engagement.

Son peu de temps libre, elle le passe à s'occuper des autres, à défendre ses collègues agriculteurs. Véronique Pouget est déléguée cantonale de la FDSEA sur le canton de Pleaux et présidente du syndicat communal de Saint-Christophe-les-Gorges depuis le début des années 90. “Le syndicalisme, je suis tombée dedans toute petite”, s'amuse cette productrice de lait, en EARL avec son époux. “Ma motivation, c'est d'abord la défense syndicale, mais aussi le lien avec les autres, avec des agriculteurs de l'autre bout du département qu'on n'aurait jamais l'occasion de croiser sinon”, expose cette énergique responsable, qui reconnaît que “certains jours, ce n'est pas évident. On se fait engueuler, on est le premier maillon de la chaîne et on reçoit donc toutes les doléances des collègues de notre secteur”.

Être à l'écoute

Mais être en première ligne n'effraie pas celle qui a aussi la charge au niveau départemental du réseau syndical local : “On s'aperçoit que, souvent, les gens pleins de griefs ont en fait besoin de parler, qu'on aille les voir pour qu'ils puissent exprimer leurs difficultés, nombreuses en ce moment. En repartant, on a le sentiment d'avoir apporté un peu de réconfort. Le problème, c'est que les gens restent enfermés à travailler sur leurs exploitations”. Le sens de l'écoute, la capacité à aller chercher la bonne information et à la relayer, mais aussi à mobiliser les troupes : autant de qualités syndicales et humaines qui semblent naturelles chez V. Pouget, laquelle passe ainsi une dizaine de jours chaque année à rencontrer des adhérents ou à en fédérer aux quatre coins du département. Une tâche qui ne la rebute pas et qu'elle prend comme un véritable sacerdoce : “Partout il faut expliquer les choses mais aussi rappeler que l'argent reste le nerf de la guerre. Sans cotisation, un syndicat ne peut pas fonctionner, ne peut avoir de représentant à l'échelon national et ne peut donc avoir les moyens de défendre notre agriculture”.

 

Moments forts

Et en matière de défense des intérêts des agriculteurs, Véronique Pouget ne cache pas que 2009 a été une année difficile et intense, avec “de belles avancées sur la Pac”, mais aussi des moments marquants, à commencer par la dernière manifestation régionale le 16 octobre. “Quand on a commencé à dire qu'on irait en tracteurs, tout le monde nous a pris pour des fous, se rappelle la déléguée de Pleaux. Le fait que les gens aient suivi montre bien la crise que nous traversons”. Autre temps fort de 2009 : le blocage de l'usine Lactalis à Riom-ès-Montagnes : “On a tenu une semaine, jamais on n'aurait imaginé cela, c'est énorme”. Une mobilisation au-delà des seuls adhérents qui lui fait dire que le monde paysan sait encore se serrer les coudes dans ces périodes troublées. D'ailleurs, elle compte bien sur une même mobilisation le 24 novembre pour l'assemblée générale du syndicat : “C'est l'endroit où il faut être pour rencontrer les responsables, échanger entre agriculteurs, mais aussi montrer que, nombreux, on a encore prise sur les choses”, estime la militante. Avant de lâcher : “Je ne vois pas d'intérêt à adhérer à un syndicat si on ne vient pas à l'AG”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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