Caprins : Diminuer l'astreinte avec la monotraite

L'évolution du prix dans la région ligérienne était au centre des débats du syndicat caprin. Réuni pour leur assemblée générale, les éleveurs ont pu également découvrir l'élevage de Patrick Rapin aux Epesses. Reportage.

Sur le site de la Bauffre aux Epesses, tout est calme. Les portes de la chèvrerie sont fermées depuis 18 heures. Patrick Rapin ne trait plus le soir. Depuis trois semaines, cet éleveur à la tête d'un élevage de 370 chèvres saanen et d'un canardier de 600 m2 a choisi de passer à une traite par jour sur une période de deux mois et demie. C'est un peu un précurseur, car en Vendée, ils sont à peine 5 % à pratiquer le monotraite. On retrouve plus cette pratique dans les élevages qui transforment leur lait en fromages. La ferme expérimentale du Pradel (Aveyron) qui conduit en monotraite 50 % du troupeau est la seule à disposer de références sur ce système.

Du 30 octobre au 10 janvier

«J'ai démarré en 2003 sur des chèvres en fin de lactation et uniquement le dimanche. Mais ce système n'était pas satisfaisant, les chèvres étaient perturbées, la composition du lait variable et le gain de temps limité. J'ai voulu tenter l'expérience en allant plus loin en ciblant la monotraite sur un lot de chèvres en lactation longue. Puis il y a trois ans, j'ai choisi de démarrer la monotraite dés le passage à l'heure d'hiver et ce jusqu'aux mises bas, vers le 10 janvier sur les chèvres en fin de lactation et les chèvres en lactation longue. »
Aujourd'hui, Patrick ne reviendrait pour rien en arrière. Dans la balance des plus, Patrick met en avant la diminution des concentrés distribués pour les chèvres taries et l'allègement de l'astreinte. «Ça me permet de bien décompresser et d'avoir fini mon travail avant que la lumière décline.» Mais cette technique n'est pas sans incidences sur la production. «Cela génère une légère baisse de production et globalement le TB est plus élevé. » Malgré tout la moyenne de son élevage s'établit à 1200 kg. Avec une référence de 383 000 litres Patrick pourrait aller plus loin. Mais la conjoncture ne lui permet pas de produire plus. «Plutôt que de vendre des chèvres et perdre de la génétique, je préfère ce système. » Pour l'éleveur, il est préférable de réserver la monotraite aux multipares, car «les jeunes chèvres ont besoin d'être traites pour favoriser un bon développement des mamelles. »

Valoriser la génétique

Dans cette exploitation du haut bocage, tout est aujourd'hui raisonné pour simplifier le travail et valoriser la génétique L'aménagement des bâtiment a été modifié en 1994 avec la construction d'un nouveau bâtiment permettant de loger 252 chèvres et la rénovation de l'ancien bâtiment d'une capacité de 162 chèvres. Et en 2007, Patrick a fait aménager un tunnel pour les chevrettes et chevreaux qu'il engraisse. Il utilise un distributeur automatique de concentrés et travaille avec un salarié qui effectue la traite du soir et un apprenti.
Cet élevage fait partie du top 50 pour ses index laitiers avec un index ICC de 2,4 une production moyenne de 1200 kg, un TP de 31,5 et un TB de 36,7 La moyenne de démarrage pour les chèvres multipares se situe à 4,5 kg et à 3,1 kg pour les primipares. «Je conduis un lot de chèvres en lactation longue, ce qui me permet de conserver les chèvres à fort potentiel génétique.» Mais, c'est notamment avec le recours à l'IA réalisé sur 70 % de son cheptel qui a permis Patrick Rapin de se hisser au niveau des meilleurs sélectionneurs caprins.

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