Carrefour : les prix bas, la confiance en moins

Jean-Philippe Arnaud

Cela fait des mois que JA et FNSEA sont mobilisés pour imposer les hausses de prix à la grande distribution. Ils engagent désormais un rapport de force.
Cela fait des mois que JA et FNSEA sont mobilisés pour imposer les hausses de prix à la grande distribution. Ils engagent désormais un rapport de force.

Relayant un mot d’ordre régional, la FNSEA 44 et JA 44 ont conduit une action coup-de-poing en bloquant le supermarché Carrefour de Saint-Herblain vendredi dernier.

Il est 7h30, le 28 septembre, quand débarquent plusieurs agriculteurs sur le parking du supermarché Carrefour de Saint-Herblain. Même s’ils se munissent de chariots, ils ne sont pas là pour faire leurs courses. Bien au contraire. Ils se sont réunis à l’appel de la FNSEA 44 et de JA 44 afin de bloquer la grande surface durant la matinée. Leurs revendications : faire passer les hausses de prix demandées par les producteurs et les transformateurs aux enseignes de la grande distribution réticentes pour compenser les augmentations de charge.

Les raisons de la colère

Suite à un mot d’ordre lancé par la FRSEA et JA Pays de la Loire, les présidents Alain Bernier et François Guyot ont lancé les hostilités, l’un guidant un des tracteurs, l’autre retournant les chariots avant un démontage en règle. Sous les yeux ébahis du directeur du magasin, des employés du magasin et des passants incrédules. « Tous les signes étaient au vert dans les productions animales, les niveaux de prix étant plus favorables après des mois, voire des années de disette », relate Alain Bernier, président de la FNSEA 44. « Mais l’augmentation des coûts liés à l’alimentation animale, à l’énergie, aux intrants ou encore aux prestations extérieures annihile cette embellie. Quand un maçon voit augmenter le Smic ou les prix de ses fournitures, il augmente ses tarifs auprès de ses clients. Pourquoi, en tant que chefs d’entreprise, ne pouvons-nous pas appliquer cette solution facilement » ? L’une des raisons tient en la position ultra-dominante et incontournable de la grande distribution, par laquelle transitent 80 % des produits commercialisés en France. « De­puis qu’on connaît la grande distribution, elle n’a jamais joué un rôle de partenaire, cela finit toujours par un rapport
de force », regrette François Guyot, président de JA 44.

Portes fermées

Trois enseignes sont dans le collimateur des syndicalistes : Carrefour, l’heureux élu du jour, Leclerc et Casino, « même si les autres ne sont pas des saints », comme le soulève Christophe Labour, secrétaire général de la FNSEA 44. L’objectif du blocage est d’exiger la renégociation des prix d’achat par la grande distribution, comme le prévoit l’accord du 3 mai 2011. « Pour la volaille et la viande bovine, les ingrédients sont là pour engager la renégociation », indique-t-il. « Cela fait des mois que l’on discute avec la grande distribution. Mais il faut toujours aller au rapport de force pour obtenir ce que l’on demande ». Un constat qui pour­rait amener les réseaux FNSEA et JA à se mobiliser dans la durée si rien ne change, comme ils l’ont fait pour le Carrefour de Saint-Herblain, complètement bloqué, à la fois par des rangées de chariots aux roues démontées, par des monticules de pneus, de terres et de gravats. Ce qui a eu le mérite d’amener le directeur du magasin, Stéphane Fauconnier, à engager la discussion avec les agriculteurs présents. Une discussion qui restera stérile, le représentant de l’enseigne n’ayant que des bribes d’information sur de prétendues hausses de prix. Pas de quoi calmer les bloqueurs qui, malgré une relative bonne am­biance, restent déterminés et seront prêts à remettre le couvert rapidement si aucune évolution n’est constatée.

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