Cavac : S’installer en porc aujourd’hui, un pari osé

Rédaction Vendée agricole

Les jeunes qui choisissent la production porcine se comptent sur les doigts d’une main à la Cavac. Pour les attirer, le groupement porc de la coopérative leur propose un contrat avec des prix garantis. Reportage à Soullans.

S’installer quand on n’est pas du sérail, que l’on ne dispose d’autofinancement et dans une production ou les prix peuvent plonger du jour au lendemain, ce n’est pas vraiment un bon profil pour un banquier. Il faut donc en face une force de caractère, de ténacité et d’argumentation et le soutien d’un groupement pour se lancer.

De la conviction et de la passion, Jean-Christophe Ragouin n’en manque pas. Dès son Bepa en maison familiale à Benay-en-Champagne dans la Sarthe d’où il est originaire, il rêve de s’installer. A 16 ans, son choix est fait. Ce sera la production porcine. Il décide de réaliser un bac pro « production animale » avec option porc à l’Ireo des Herbiers. «Dans la région, c’était le seul établissement à proposer cette option ». Les stages dans des élevages porcins qu’il réalise au cours de sa formation en Vendée vont lui permettre de mettre le pied à l’étrier. En 2010, le hasard fait bien les choses. Les deux associés du Gaec Borgnières à Soullans, une exploitation avec 150 truies et 2800 porcs charcutiers, où il a été stagiaire, souhaitent céder. «C’était une opportunité à saisir. Les bâtiments étaient aux normes bien-être. J’ai décidé de réaliser mon stage de parrainage dans cette exploitation.» 

Feu vert des banques

Avant de trouver un accord sur le prix de la reprise, Jean-Christophe a dû négocier avec les associés. «La banque m’a aidé à faire descendre son montant » reconnaît le jeune agriculteur. Mais c’est surtout l’aide du groupement porc de la Cavac qui a pesé dans la balance. «Le groupement nous garantit pendant 8 ans un prix plancher indexé sur les coûts de production. Sans ce dispositif, je ne me serais pas installé » estime Jean-Christophe. Au final, le coût de son installation se chiffre  à 280 000 € qu’il a financé avec des prêts de la banque, du groupement et la dotation jeunes agriculteurs.

Six mois ont passé depuis qu’il a revêtu sa cote de jeune installé et Jean-Christophe ne cache pas son bonheur. Sa femme Aurélie, l’a rejoint depuis janvier comme salariée à mi-temps. «Notre objectif est de bien vivre de cette production avec un prélèvement mensuel de 1800 € pour moi et ma femme à mi- temps» Pour y parvenir, les deux jeunes s’appuient sur un logiciel de gestion du troupeau et les visites et conseils d’un technicien du groupement Cavac. » Techniquement, si nous ne sommes pas bons, on ne s’en sortira pas.» Dans les postes qu’il compte surveiller de près, il met en priorité, le % de fertilité et de fécondation, les indices de consommation et le nombre de pertes. Dans ses objectifs, il prévoit de passer de 7 bandes à 4 bandes par an. «Cela nous donnera un peu plus de souplesse pour souffler et profiter de notre premier enfant, Enzo, âgé de 5  mois. »

Plan de relance de la Cavac : 11 dossiers depuis 2002

Le groupement porc a lancé son plan de relance en 2002. Parmi les 11 dossiers traités, il compte six reprises, 2 créations et 3 extensions. «Nous garantissons un prix plancher pendant 8 ans qui prend en compte les charges de production dont 60 % représentées par le coût alimentaire. L’amortissement des bâtiments et les charges opérationnelles sont également prises en compte » explique Stéphane Pierre-François, directeur du groupement. «Le prix est défini en fonction du coût de production et selon un prix plafond et plancher lié au prix de l’aliment. »  En 2008, au plus fort de la crise le groupement a versé jusqu’à 25 centimes d’euros par kilo aux éleveurs sous contrat. Sur 5 ans, le complément moyen de prix est de 7 centimes, soit un prix moyen garanti de 1,26 € par kilo. Ce prix n’intègre pas  la plus-value « qualité de carcasse » de 12 centimes et de 2 centimes liée à VPF qui donne un prix payé de 1,40 €. Si le prix du cadran devenait supérieur au prix plafond, l’éleveur serait amené à rembourser la différence. «Notre objectif est d’assurer une installation par an » souligne Stéphane Pierre-François.

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Commentaires 2

aerien978

moi meme eleveur de porcs depuis 1991,si j ai bien compris ce jeune installé depuis 2ans dois avoir une tresorerie au plus mal et aujourd hui avec la remontée des cours il va devoir de l argent a la CAVAC.certe s il se contente de 1800 euro mensuel lui et son epouse avec 150 truies n.e la CAVAC va pouvoir remplir ses caisses de perequation!!!si l on m avais proposé cela lors de mon installation j aurais dis NON!pour moi CAVAC=BANQUE.il y a d autre moyen d aider les jeunes . bonne chance a tous les 2 quand meme.

steph 85

n importe quoi cette cavac,reflechisser vous les dirigeants, vous travailler, avec le portefeuille, des autres, et faite subir de l esclavage, aux eleveurs

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