Cave de la Tour d'argent : Début prometteur pour la vente aux enchères

La vente aux enchères de la Tour d'argent a commencé fort, les acheteurs faisant preuve d'un intérêt soutenu et parfois même de pugnacité, certains lots exceptionnels ayant atteint jusqu'à cinq fois leur prix estimé.

Une bouteille de cognac datant de 1788, le Clos du Griffier (fine Champagne), s'est vendue 25.000 euros dans la soirée. Cette somme sera versée à l'association Petits Princes qui aide des enfants gravement malades à réaliser leurs rêves, a annoncé le restaurant parisien.

L'acheteur, Raphaël Zier, un entrepreneur français de 38 ans qui vit à Londres, s'est dit surtout motivé par l'oeuvre caritative mais a promis de prendre son temps pour boire cette bouteille d'avant la Révolution Française « entre amis ». Deux autres bouteilles du même cognac millésimé se sont vendues respectivement 17.000 et 15.000 euros, en présence du patron de la Tour d'Argent, André Terrail. Ces trois bouteilles, présentées en vedette, avaient été mises à prix à 2.500 euros pièce. Au total, la vente de 18.000 bouteilles, sur deux jours aux Salons Hoche à Paris, devrait dépasser un million d'euros.

La plupart des vins ont trouvé preneur dans la fourchette haute de l'estimation. Beaucoup d'acheteurs ont pu enchérir au téléphone, par le biais d'une douzaine d'opérateurs. Dans la matinée, un lot de trois bouteilles de Château Rieussec, sauternes 1er cru de 1971, a été adjugé 650 euros (sans les frais), alors qu'il était estimé autour de 110 euros.

Après les bordeaux blancs, les vins rouges de Loire et des Côtes-du-Rhône, la vente a gagné en puissance dans l'après-midi avec les bourgogne blancs et les bordeaux rouge. Un lot de douze bouteilles de Puligny-Montrachet 1992 est ainsi parti à 2.700 euros (estimé entre 1.000 et 1.100), selon la maison Piasa chargée de la vente. En Bordeaux, douze demi-bouteilles de Château Haut-Brion 1er cru 1989 se sont vendues 4.900 euros (contre une estimation autour de 3.300).

Dans la salle, une grande majorité d'hommes, grisonnants et en costume pour la plupart mais aussi des quadras branchés, en jeans et baskets. Certains ont préparé avec le plus grand sérieux, en consultant guides, internet et copains, pour évaluer à quel prix ils s'arrêteront. D'autres, plus joueurs, enchérissent « au feeling ». Bruno, banquier de 41 ans qui ne souhaite pas être identifié, enchérit pour un groupe d'amis. « J'achète, et on verra après comment on se répartit les bouteilles. J'ai acheté deux lots de sauternes, dont un de 1997, l'année de naissance de ma fille », confie-t-il. Debout au fond de la salle, Yves Coquelet, retraité de 69 ans, glisse son doigt le long de la liste de lots, et se lance. Ou pas. « Je suis mon intuition. Avec peu de succès d'ailleurs », plaisante-t-il, alors qu'il a quand même réussi à acheter douze bouteilles de Pessac-Léognan. Stéphane Lacaze, qui possède déjà, à 38 ans, une cave d'un millier de bouteilles, se concentre sur les vins datant d'avant 2000. « J'achète des vins depuis une dizaine d'années, donc 95% de ma cave doit encore vieillir. Cette vente, c'est l'occasion d'acheter des vins à boire qui sont à maturité ». La cave de la Tour d'argent, l'un des plus vieux restaurants de Paris, comptera encore 420.000 bouteilles après la vente.

Source AFP

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