Ce que l’agriculture biologique attend des états généraux

Lise Monteillet

Ce que l’agriculture biologique attend des états généraux

Les acteurs de l’agriculture biologique espèrent que les discussions en cours vont permettre de pérenniser les dispositifs de soutien aux producteurs et aux filières. Ils souhaitent aussi un accès prioritaire au foncier ou encore l’intégration de 20 % de produits bio dans la restauration collective publique d’ici 2022.

À l’occasion des états généraux de l’alimentation, les professionnels de l’agriculture biologique réclament la pérennisation des dispositifs d’aide aux producteurs bio. « Il faut se défaire de l’idée que le marché est suffisant en agriculture biologique », insiste Florent Guhl, directeur de l’Agence bio.

Cette demande fait écho à la très forte croissance que connaît le secteur. Au cours du 1er semestre 2017, le nombre de producteurs a encore augmenté de 9,2 %. Désormais, 6,5% de la surface agricole est convertie en agriculture biologique, soit 1,77 million d’hectares. La France compte 35 231 agriculteurs bio.

Ce fort engouement pour l’agriculture biologique a conduit à l’assèchement des budgets régionaux alloués à l’agriculture biologique. « Certaines régions sont dépassées par les conversions, il va falloir faire un état des lieux », constate le directeur. Des choix politiques vont devoir être réalisés concernant l’avenir des aides à la conversion, des aides au maintien et le paiement des services environnementaux et sociaux rendus par les agriculteurs bio.

Pour soutenir les filières et accompagner leur structuration, les acteurs de l’agriculture biologique voudraient aussi que soit doublé le fonds Avenir bio. Dans le même temps, ils sont favorables à l’orientation des outils de financement privé en direction de la Bio, citant par exemple le livret développement durable.

Priorité au bio

Au-delà de la question des aides, les acteurs de la bio souhaitent que les installations en agriculture biologique soient prioritaires pour l’accès au foncier. Ils proposent aussi que les produits bio et locaux soient introduits dans la restauration collective publique, avec un objectif de 20 % à l’horizon 2022.

Les acteurs de l’agriculture biologique sont présents dans les quatorze ateliers des états généraux de l’alimentation qui sont en cours. Ces états généraux visent notamment à mettre autour de la table les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, afin de trouver des solutions pour créer de la valeur et mieux la répartir au sein des filières. Ils ont aussi la vocation de rapprocher les agriculteurs des diverses attentes sociétales. 

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