Chahuté au Salon de l’agriculture, François Hollande réagit

Raphaël Lecocq

Chahuté au Salon de l’agriculture, François Hollande réagit

Dans une interview donnée à Campagnes TV, le chef de l’Etat s’est engagé à défendre les filières lait et porc au plan européen. Il a par ailleurs lancé un ultimatum aux distributeurs et taclé l’ancienne législature.

« L’Etat ne fixe pas les prix mais ce que fait et ce que doit faire l’Etat, c’est faire pression sur les distributeurs pour que, dans les négociations qui vont encore durer 48 heures, il puisse y avoir une vraie reconnaissance du travail de l’agriculteur (…). « Je veux dire aux distributeurs : attention à ce que vous allez faire dans les 48 prochaines heures parce que cela va déterminer le contenu de la prochaine loi ». François Hollande faisait référence aux négociations annuelles entre agriculteurs et distributeurs, qui doivent se conclure lundi 29 février. Le Président a annoncé une révision de la Loi de modernisation de l’économie (LME), « cette loi votée sous le quinquennat précédent et qui permet au distributeur d’imposer ses règles », a souligné François Hollande. « Prochainement, on pourra afficher le prix producteur pour que celui-ci soit sûr qu’il ne va pas être la variable d’ajustement entre l’industriel et le distributeur. Et cette loi sera votée avant l’été ».

Charge contre l’ancienne législature

Chahuté lors de l’inauguration, le Président de la République a exprimé sa compassion. « Ce 53ème salon est sans doute l’un des plus durs à vivre pour les agriculteurs (…). La colère,  moi je l’entends et je la comprends quand il y a des crises aussi nombreuses et répétitives. Mais elles ont une cause  (…) c’est d’avoir libéralisé, d’avoir considéré que c’était l’offre et la demande qui devait fixer le prix, d’avoir cassé les organisations de marché. Prenons l’exemple des quotas laitiers, qui a cassé, qui a pris cette décision avant 2012 avec les conséquences que l’on sait ? ». Clément vis-à-vis des éleveurs, François Hollande n’a pas ménagé l’ancienne législature. « La transposition ou la surtransposition des directives, c’était avant 2012. Moi je n’ai pas du tout ajouté des normes aux normes européennes. Je veux que les choses soient claires :  on va installer un comité national des normes et les agriculteurs y seront représentés pour être sûr que ce qui nous est demandé au niveau européen puisse être sans conséquences pour les agriculteurs ».

Charge contre l’Europe

Ce prochain terrain de bataille aura pour théâtre Bruxelles. « Au niveau européen, ça sera l’action que j’aurai à mener au cours des prochains jours pour qu’il y ait un prix d’intervention pour le lait, pour qu’on retire un certain nombre de productions permettant au porc de retrouver un cours décent. Ce qu’attendent les éleveurs, c’est que les prix puissent rémunérer leur travail. Nous devons faire monter les prix pour casser la spirale déflationniste qui s’est installée (…). Il y a une conception en Europe, qui est de penser que c’est le cours mondial qui doit s’imposer, qu’il faut supprimer un certain nombre de règles. L’agriculture n’est pas un produit comme les autres. (…).  On ne peut pas avoir un grand marché européen et avoir des règles sociales différentes. L’harmonisation doit se faire partout y compris au niveau de l’agriculture ». En attendant, le chef de l’Etat a rappelé les engagements pris par le gouvernement en matière d’allégement de charges et de report d’échéances.

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Commentaires 18

COMPTE263

@gégé232
je suis dans une région fruitiére et chaque fois que mes collégues on essayé de demander des ramasseurs de fruits à pole emploi ça a été un échec premiére journée la moitié environ se présente à midi la moitié est partie et le lendemain plus personne et pendant ce temps la les fruits murissent!!!
alors pole emploi à d'autre pareil dans les petites entreprise du batiment il y a du travail mais personne ne VEUT y aller en face

gégé232

Je voudrais parlér de l'emploi saisonnier en agricultuere toute filiaire confondue .Je trouve innadmissible de voir des hordes de gens venus de l'est envoyés par des organismes étrangés employé par des sociétées francaise travaillé dans nos campagne.Ces personnes coutre qui je n'ai rien de personnel ,trouve du travail en France alors que Pole Emploi ne sait plus quoi faire de tout nos compatriotes qui eux n'ont pas de travail .Il faudrait revoir les lois du travail saisonnier.Je suis opposé a l'emploi de cette main d'œuvre.

pol

je suis ok pour l'interet économique et l'environnemental mais c'est pas de la façon sont produits aujourd'hui.
Avec plus de 10% d'augmentation de pesticides en 2015 et une surproduction dans tous les filières que c'est un modèle qui sauvera les producteurs.
Par contre cela va enrichir tous les actionnaires de s grandes firmes de l'agro industrie.

Vraiproblème

Même en rémunérant Correctement les agriculteurs,nous pouvons continuer a servir aux consommateurs des produits alimentaires français de qualités et de bonnes sécurités a des prix Abordables. Ce qui ne va plus c'est que les pouvoirs publics ont supprimé leur regard sur les prix agricole. vouloir faire des marchés unique avec des différence de Cout du travail qui vont de 1à20 a travers le Monde est la Vrai aberration de nos gouvernents,de nos énarques et de tous ceux qui s'abritent derrières l'OMC .Les décisions sont prises comme si la Priorité était de permettre aux spéculateurs de s'enrichir.tant pis pout tout ceux qui travail et produise.c'est cette situation qui faut changer. Arrêtons ces discours de bonimenteurs qui disent que c'est notre modèle agricole qui ne va pas.Ne tuons pas ce qui a un intérêt économique et aussi environnemental pour toute la Société,sauvons nos agriculteurs

pol

c'est clair que c'est tout le modèle agricole qu'il faut changer car il est au bout du bout
C'est nous les agriculteurs qui devont en prendre conscience et ne pas subir la ligne d'un syndicalisme pourri.

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