Châlons-en-Champagne veut lancer un "Davos de l'Agriculture"

Châlons-en-Champagne veut lancer un "Davos de l'Agriculture"
Châlons-en-Champagne veut lancer un "Davos de l'Agriculture"

La ville de Châlons-en-Champagne (Marne) a affirmé jeudi à Paris son ambition de devenir un centre de référence mondial sur l'agriculture, en lançant au printemps un "Davos de l'agriculture" en lien avec une future "Cité de l'Agriculture" pour débattre et expliquer les grands enjeux de l'alimentation mondiale.

Benoist Apparu, ex-ministre et maire LR de Châlons-en-Champagne, a lancé jeudi à Paris l'initiative baptisée "Planet A", lors d'une conférence de presse aux côtés de Jacques Diouf, conseiller spécial du président de l'Union Africaine, Alpha Condé, et ancien directeur-général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les organisateurs s'inspirent de l'exemple de la ville suisse de Davos où se tient tous les ans un Forum économique mondial, devenu le rendez-vous des décideurs de la planète. "Notre territoire est situé sur l'un des plus gros bassins de production agricole français", a expliqué M. Apparu, "et l'agriculture se trouve au centre de tous les enjeux de développement en lien avec l'environnement et l'alimentation".

L'initiative "Planet A" s'articule autour de quatre axes: recherche, formation, développement et économie, et un pôle grand public autour d'une future "Cité de l'Agriculture". "Tous les ans à la fin du printemps, la ville se propose de recevoir les 400 décideurs qui comptent dans le domaine de l'agriculture", a précisé l'élu, qui souhaite aussi lancer un Institut de hautes études agricoles sur le modèle de l'IHEDN (Défense), en lien avec l'école d'ingénieurs agronomes Agro Paris Tech. Les projets sont légion: "nous voulons créer des cours en ligne (Mooc), un incubateur de start-ups, et accueillir un diplôme de grande école d'ingénierie agricole autour de la +smart-agri+", a souligné l'élu.

Réflexions complémentaires

L'université de Reims, celle d'Adélaïde en Australie ainsi que les fondations Fondapol et Jean Jaurès sont associées au projet. Pour Jacques Diouf qui a dirigé la FAO pendant 18 ans, cette initiative peut aider à déterminer le "type d'agriculture qu'il faudra développer pour alimenter le monde dont la population va croître à 9 milliards en 2050". "Il faut des réflexions complémentaires à ce qui est mené dans les cadres institutionnels et des Nations Unies", a dit M. Diouf à l'AFP. "Tout ce qui est de nature à faire parler de l'alimentation humaine alors que la faim dans le monde vient de repartir à la hausse et qu'il y a un silence assourdissant sur le sujet, me semble positif", a-t-il ajouté. M. Diouf avait organisé le premier sommet de chefs d'Etat consacré à l'alimentation humaine en 1996.

Côté financements, M. Apparu veut recourir aux fonds de reconversion des sites de Défense (CRSD) auxquels la ville, qui a subi de nombreuses fermetures de casernes, peut prétendre, et est "très ouvert" à des partenariats privés. "Le premier forum international sur l'agriculture aura lieu à la fin du printemps 2018 et nous espérons pouvoir inaugurer l'IHEDA fin octobre 2018" a-t-il dit. Interrogé sur les controverses autour de l'agriculture intensive et l'environnement, ou sur les implantations d'agro-business dans des pays en voie de développement qui nourrissent les accusations d'accaparement des terres, M. Diouf a admis que "certains débats seront difficiles, mais ce qui compte c'est d'arriver à un consensus". "Ma position n'a jamais changé, les pays sont souverains et ils décident. Mais, même si certains investissements sont nécessaires, les pays pauvres auraient intérêt à éviter de vendre leurs terres", a-t-il dit, en proposant par exemple "des baux à longue durée associés à des consultations des populations". L'essentiel c'est qu'"on ne peut pas transférer l'agriculture occidentale dans un pays en voie de développement". La conférence de lancement de Planet A a reçu le soutien des deux ministres pilotant l'Agriculture et l'Environnement, Stephane Travert et Nicolas Hulot, qui ont salué l'initiative sur Twitter.

Source Avec AFP

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Commentaires 1

gib

Hulot a salué l'initiative ?
Curieux pour quelqu'un qui semble préférer un "Waterloo" plutôt qu'un "Davos" de l"agriculture !

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