Chambre d'agriculture de la Mayenne : Eleveurs laitiers, faut-il garder votre atelier de porcs à l'engrais ?

En Mayenne, environ 7 % des éleveurs laitiers ont un atelier de porcs à l'engrais. Initialement, cette production permettait d'apporter un complément de revenus. Aujourd'hui, du fait du contexte économique très fluctuant, ces éleveurs peuvent s'interroger sur l'intérêt de maintenir l'atelier porcin. Or, cette mixité animale comporte des atouts certains qu'il convient de rappeler

Main d'oeuvre rémunérée

Les élevages s'approvisionnant en porcelets auprès de naisseurs ou de maternités collectives dégagent un revenu disponible moyen de 6 € par porc (moyenne 10 ans GTE). Ceux élevant des porcs en prestation ne sont pas soumis au risque conjoncturel. La rémunération de la main d'oeuvre est donc relativement stable d'une année sur l'autre. En moyenne, après déduction des charges fixes, le revenu disponible approche 4 € par porc.

Organisation du travail compatible avec le lait

L'engraissement de porcs est compatible avec un atelier laitier grâce à une planification des tâches à l'année. Certes, des pointes de travail sont à prévoir lors du transfert des animaux et du lavage des bâtiments. Mais les astreintes liées à l'alimentation et la surveillance des porcs s'intègrent bien au planning journalier laitier, et le temps passé à l'alimentation peut être fortement réduit par l'automatisation. Finalement, le temps de travail lié à l'élevage de porcs est plutôt faible : ½ heure à 1 heure de travail quotidien, selon l'équipement, pour un atelier de 550 places de post sevrage engraissement, hors épandage.

Economie d'engrais durable

En élevage laitier, la surface fourragère tient une place essentielle dans la conduite du troupeau. Le lisier de porc est particulièrement bien adapté à la fertilisation des prairies et du maïs, permettant ainsi une économie d'engrais minéraux. Sur les prairies fauchées, la fertilisation minérale devient même inutile. Pour une exploitation de polyculture élevage de 70 ha de SAU, 275 000 l et 550 places d'engraissement, la valorisation de 600 m3 de lisier de porcs permet une économie de près de 6 tonnes d'ammonitrate soit environ 2 000 €, épandage inclus (prix de l'ammonitrate à 450 €/t). Cette stratégie est d'autant plus durable qu'elle représente une sécurité face à un marché des engrais de synthèse très volatil.

Contacts :
Anna Bordes - Conseillère Porc - 02 43 67 37 21 - anna.bordes@mayenne.chambagri.fr
Isabelle Bossuet - Conseillère Lait - 02 43 67 37 26 - isabelle.bossuet@mayenne.chambagri.fr

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