Chambre d'agriculture du Cantal : s'adapter aux ponctions bugétaires

P.Olivieri

Chambre d'agriculture du Cantal : s'adapter aux ponctions bugétaires
Le directeur Bernard Berthelier a développé les efforts de la compagnie consulaire pour faire face à la baisse sensible de ses soutiens publics. - P.O

Comme ses consoeurs, la chambre du Cantal doit composer avec un prélèvement de son fonds de roulement et des soutiens publics en nette érosion.

Une punition pour les bons élèves. La décision du  gouvernement de ponctionner les fonds de roulement jugés excédentaires(1) des  chambres d'agriculture (CA) est vécue dans le Cantal comme une véritable injustice, une forme de spoliation. "Que l'administration centrale décide defaire main basse sur la trésorerie des chambres bien gérées, ça pose quand même quelques questions quand on voit que c'est cette même administration qui est responsable de la dette de la France", a asséné vendredi en session de l'établissement consulaire Gilles Amat. "C'est dramatique qu'on pique le fruit d'une bonne gestion alors que les services apportés aux agriculteurs profitent à tout le territoire", a enchaîné Jean-Marie Fabre. En l'état du projet de loi des finances en débat au Parlement, ce prélèvement grèverait le fonds de roulement de la chambre cantalienne de quelque 840 000 euros reversés à un fonds national de solidarité et péréquation destiné à doter les chambres d'agriculture d'une ressource collective de péréquation. Sachant qu'un partie non négligeable - 45 millions - de ces prélèvements ira alimenter le budget de l'État.

Près de 850 000 euros aspirés

À cette aspiration de son fonds de roulement, risque de s'ajouter sur le budget 2015 de la CA15, un érosion des produits issus de l'impôt chambre dont le montant pourrait être abaissé à 94,65 % de leur valeur en 2014, soit une perte potentielle de 150 600 euros. Le projet de loi n'étant pas encore voté, les chambres ont pour consigne de soumettre un budget 2015 primitif avec un montant de taxe étal à  2014. Mais même avec cette stabilité,  l'établissement va devoir composer l'an prochain avec une nouvelle baisse (- 10 %) des subventions allouées par le Conseil général, l'Union européenne et France AgriMer. Cet exercice 2015 intègre par ailleurs la réorganisation des chambres d'Auvergne avec une mutualisation régionale de certains services (informatique notamment). Pour parvenir à l'équilibre, la CA a déjà   réduit   ses   effectifs   de 4,5 ETP en 2014 (- 5 %, par non remplacement de départs de salariés). Un effort jugé déjà conséquent par le directeur Bernard Berthelier. Ce qui lui permet, en programmant une hausse parallèle de 2 % des tarifs de ses prestations et l'instauration d'une facturation des conseils juridiques, d'arriver à une capacité d'autofinancement  de  166 000  euros et à un équilibre de son fonds  de roulement.

S'adapter sans perdre en proximité

"Il faut s'adapter", a affiché le président Patrick Escure,  assumant le positionnement  de  nouvelles prestations payantes (dont le service juridique) contestées par la Confédération paysanne. "On l'a fait en 2014, on le fait en 2015 mais il nous faut aussi avoir une vision à moyen terme, à l'horizon 2020, de ce qu'on veut pour la Chambre d'agriculture." Une vision traduite dans un projet stratégique présenté vendredi qui, pour les responsables de la CA 15, inclue un préalable : "Nous avons la volonté forte de maintenir des moyens d'accompagnement des agriculteurs, avec des services de qualité et proximité utiles aux agriculteurs qui doivent aussi s'adapter. Mais le grand écart, on ne saura pas faire. Et on n'imagine pas les difficultés de la Chambre si tout ce qui est à l'écran(2) devait se réaliser. "Il n'y a pas 36 solutions pour réduire les dépenses publiques, il faut que l'ensemble des services de l'État, de ses administrations mais aussi des services consulaires participent à cet effort", a répondu le préfet Vignon, qui, à défaut de l'être sur leurs moyens, s'est voulu rassurant sur le rôle territorial des chambres d'agriculture : "Il n'est pas dans les intentions du gouvernement de diminuer les services de proximité."

(1) Au-delà de 90 jours de fonctionnement.

(2) Incertitudes sur l'impôt Chambre, les financements du FSE, de FranceAgriMer,... pour l'exercice 2016 et les suivants.

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