Changement climatique : les gagnants et les perdants

Changement climatique : les gagnants et les perdants
L’élevage devra s’adapter aux fortes chaleurs et surveiller la disponibilité de matières premières pour l’alimentation animale (DR)

L’agriculture, l’élevage et la sylviculture vont être impactés par le changement climatique au cours du 21e siècle. A l’occasion de la Cop21, l’Inra a répertorié les gagnants et les perdants de ces changements mais aussi les opportunités à saisir et les pratiques à abandonner.

Les spécialistes du climat sont maintenant formels, les changements climatiques liés notamment à l’élévation des concentrations en gaz à effet de serre devraient, en France métropolitaine, se traduire par une augmentation des températures, bien sûr, mais aussi par des précipitations réduites dans le sud, et plus irrégulières sur l’ensemble du territoire. L’eau devrait ainsi devenir un facteur limitant pour de nombreuses cultures.

« Les agriculteurs devront opter pour des cultures à cycle plus court afin d’éviter les périodes les plus sèches, et avancer la date des semis », souligne notamment l’Inra. La sylviculture devrait également  connaître des baisses de productivité et les exploitants devront choisir avec attention les nouvelles essences à privilégier. Enfin, l’élevage devra s’adapter aux fortes chaleurs et surveiller la disponibilité de matières premières pour l’alimentation animale dans tous ces domaines, « la recherche sera plus que jamais nécessaire pour réussir une transition en douceur des filières », analyse le centre de recherche.

Migration de certaines cultures vers le nord

Faut-il pour autant tirer la sonnette d’alarme ? Nos campagnes seront-elles méconnaissables à l’horizon 2050 ou 2100 ? Non, répondent les spécialistes de l’Inra. Le projet climator, qui s’était donné pour tâche de prévoir l’impact sur les cultures du changement climatique, a en effet  montré que la plupart des zones agricoles actuelles seront conservées.

Néanmoins, au cours du siècle, on devrait assister à la migration de certaines cultures vers le nord en fonction du cumul de température, de la disponibilité en eau et des rendements escomptés. Comme toujours, lorsqu’une modification profonde a lieu, il y aura des gagnants et des perdants.

De nouvelles opportunités pour le colza

Côté gagnants : dans le Nord-Est de la France, les gelées devraient fortement diminuer en hiver, ce qui pourrait donner de nouvelles opportunités au colza. Du côté de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, les rendements du maïs devraient augmenter de pair avec les températures. À l’Ouest, le blé et les prairies devraient maintenir une bonne productivité.

Côté perdants : la baisse sévère des précipitations dans le Sud-Ouest pourrait restreindre la culture du maïs surtout si les ressources en eau pour l’irrigation sont affectées. Les forêts de la région devraient connaître une baisse de leur productivité. Aux Antilles, la hausse des températures et des précipitations devrait affecter négativement la canne à sucre.

Mais ces effets sont à mettre au conditionnel du fait de nombreuses incertitudes, notamment sur les variations dans les précipitations. D’autre part, la sélection végétale devrait permettre aux agriculteurs de s’adapter.

De profonds changements économiques

« En bout de chaîne, l’agriculteur devra aussi faire face à de nombreux dilemmes : dois-je investir dans l’irrigation, changer de production ou contracter une assurance ? », précise l’Inra.

Pouvoirs publics, coopératives et entreprises auront aussi sur la table des questions telles que l’évolution de l’usage des sols ou la gestion de l’eau, et devront plus d’une fois faire des arbitrages entre différentes options d’équipements ou de localisation. Les filières auront aussi à faire face à de profonds changements économiques.

Les économistes de l’Inra défrichent ces différents terrains. Ils analysent aussi le rôle de l’innovation (variétés résistantes à la sécheresse, irrigation et agriculture de précision, pratiques agroécologiques...) et élaborent des modèles économiques permettant d’éclairer des décisions politiques comme celles que l’on attend de la COP 21.

Voir le dossier complet : L’INRA, l’Agriculture et le Cimat

 

 

 

 

Source INRA

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Commentaires 5

barinne

moi je vais changer de metier je suis un peut vieux mais je vais me mettre a vendre des parasols!!! pour les vaches

a

On sait faire des profilaxie, si vraiment le méthane est le problème, on a qu'à faire le vaccin obligatoire quelques levures dans les rations (et un peu de tourteaux gras dans les concentrés) et faire un label France:"viande rouge limitant son impact sur l’effet de serre" et taxer les viandes importer ne respectant pas cette norme.
Puisque L'Europe ne trouve pas choquant la délocalisation en interne des abattoirs Allemands, peut-être sera t'elle plus sensible à l'environnement qu’aux hommes?

cvx14

on a du mal a prévoir a 5 jour alors en 2050 ..... ça occupe du monde de faire des prévisions alarmistes !!!!

CLOCHE215

l'herbe sera fauchée avec de l'énergie non renouvelable sur ordre de nos fonctionnaires pour éviter les maga-incendies qui coutent souvent des vies humaines au lieu de la faire brouter par nos chers ruminants....voilà ce que nous réserve l'avenir!!!

tom63

A mon avis, la question ne se posera même pas en 2050 ou 2100. Car vu comment marche l'élevage actuellement, on ne sait même pas si on sera encore dans ce métier dans 5 ans. Alors en 2050!!!!!
Le seul point positif est que les bâtiments coûteront enfin moins chers en montagne.

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