Chantiers de printemps, Travaux en rade

Rédaction Vendée agricole

La pluie continue à faire de la résistance ! Les vaches ne peuvent pâturer autant qu’elles veulent. Les fumières débordent. Pour traiter, apporter de l’azote, il faut des engins légers ou équipés de chenilles. Reportage au Fenouiller et à Coex.

« Vous nous apportez pas le soleil ! » Eh non ! Le facteur, l’inséminateur, ou la journaliste qui vient à la rencontre des associés du Gaec  «La Passerelle » ce mercredi matin n’arrive pas sous un ciel dégagé et lumineux. Depuis lundi, la pluie joue à nouveau les trouble-fêtes. L’accalmie de la mi-mars avait donné un peu d’espoir aux éleveurs de la ferme de la Pinsonnière.  Au lieu d’être dans les champs, les agriculteurs sont un peu en quarantaine. « Notre seule satisfaction, c’est de pouvoir finir les travaux d’aménagement de notre salle de traite. »

Mi-mars, les 200 vaches du Gaec ont pu se détendre les pattes et savourer les ray grass, mais la récréation a été de courte durée.  Pour ce qui est des travaux aux champs, le tableau  n’est guère plus brillant. «On a essayé de tasser les ornières pour préparer les terrains abimés par les chenilles pendant la récolte de maïs. Mais aujourd’hui, c’est pratiquement comme si on n’avait rien fait » déplore Cyril Moreau, un des 7 associés.  Les tracteurs et les outils sont trop lourds. « Pour traiter les mauvaises herbes,  on a dû utiliser un petit pulvé de 800 litres équipé de roues jumeléesSi le premier passage d’azote a pu se réaliser, pour le deuxième passage, on devra avoir recours  à l’entrepreneur avec un épandeur équipé de chenilles. »

Le fumier s’entasse

C’est donc un peu une course aux obstacles qui commence ce mois d’avril pour pouvoir rentrer dans les parcelles. Les vaches pâtissent aussi de ces pluies intempestives. « A cette époque, au lieu d’être dans les stabulations, elles sont au pré. Du coup, cette année, on consomme plus de paille dans nos bâtiments sur litière accumulée » explique Cyril. Près des stabues, le fumier s’entasse. «Nous n’avons pas pu épandre en octobre et on ne peut toujours pas  rouler notre fumier. On a des tas disséminés dans nos champs. Comme les bouts de champs sont défoncés, nous allons devoir louer une pelleteuse sur chenille pour charrier le fumier. Ce sera plus simple qu’avec un télescopique. » 

Dès que le soleil va s’installer et les températures monter - normalement à partir de cette fin de semaine - il y aura du boulot entre l’épandage , la préparation des terrains, et les traitements. Dans ce Gaec, la sole de maïs montera cette année à 200 ha au lieu des 160 ha initialement prévus. «En octobre, quand a vu la météo, nous avons préféré faire une  croix sur le semis de blé et le triticale dans des terres sablonneuses.  On craignait de ne récolter que 40 quintaux. Cela ne valait pas le coup et on a renvoyé la semence.» La paille va donc manquer dans cet élevage aux 200 vaches et qui engraisse 150 taurillons. «Les stocks ont bien fondu. Les vaches n’ont pas beaucoup pâturé.  On estime, que l’on va devoir acheter 500 à 700 tonnes de plus qu’en année normale. »

Il manquera aussi dans cette exploitation 5 ha de ray grass et fétuques qui n’ont pu être implantés à l’automne. «Heureusement, on 70 ha de prairies en marais. »

Obligé de casser des parcelles en céréales

Dans son secteur, ce type de situation est monnaie courante.  Ceux qui,  malgré les pluies de l’automne ont  semé des blés, ont parfois de mauvaises surprises. Antony Rabiller, en Gaec avec ses parents à Coex va devoir casser 4 ha de seigle hybride destinés à l’alimentation des 400 brebis. A Chanteclair, ce sera aussi du maïs qui remplacera les céréales. Cette semaine, dans cette exploitation ovine, avec un atelier canards, les tracteurs et les déchaumeurs restent aussi sous les hangars. Mais les brebis peuvent sortir des bergeries. «Elles nettoient des terrains avec des repousses de ray grass, derrière un maïs où j’avais prévu d’implanter un blé. »

Très peu d’orge de printemps a  pu être implanté dans ce secteur et les éleveurs ne se sont pas risqués à des semis de tournesols. Certains ont choisi de semer des colzas semences ou envisagent d’implanter des haricots verts au mois de mai.

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