Charcutiers et salaisonniers victimes des prix tendus

P. O.

Les grands de l'industrie de la charcuterie-salaisonnerie sinistrés.

Se démarquer par le lien au terroir

Intervenant lors de l'assemblée générale de la Capp (voir L'union du 25 février), Félix Puéchal, directeur de Cantal Salaisons, a explicité les mécanismes qui ont conduit des marques comme Madrange au déclin : “Nous sommes passés d'une situation où la France était déficitaire en production porcine à un excédent de 6 % ces derniers années”. Devenu autosuffisant à 106 % donc, le pays connaît ainsi une surproduction synonyme de tension sur les prix. Un prix du cochon qui reste encore basé sur le marché du cadran breton “alors que seuls 10 % de la production française y passent”, a rappelé le directeur. La situation amène les opérateurs à tenter de compenser cet excédent en vendant des porcs vivants et des carcasses. Véritable paradoxe : la France est devenue exportatrice de “matière première porcine” (essentiellement vers l'Italie, décidément !) et importatrice de pièces de fabrication et de produits transformés, à plus forte valeur ajoutée, en provenance d'Allemagne (pour les salaisons cuites fumées) ou d'Italie (pour les jambons). Félix Puéchal n'a pas manqué de relever également que des importations en produits frais depuis l'Espagne entraient dans la composition de saucissons d'Auvergne… Dans ce contexte marqué par des importations qui pèsent sur le marché, même les plus grands opérateurs “ont pris mal”, à l'image de Madrange, sur le point d'être vendu quasiment pour une bouchée de pain (50 millions d'euros tout de même).

Seule exception à ce tableau sinistré : la coopérative du Sud-Ouest Maïsadour, en passe de racheter via Delpeyrat, des entreprises telles Campofrio : “Quand on associe un groupe coopératif local, une IGP (NDLR : indication géographique de provenance), un produit et une qualité, on peut fixer la production, estime F. Puéchal. C'est ce qu'on pourrait faire ici, à une dimension moindre, avec l'IGP Auvergne”. Un dossier IGP saucisson et jambon d'Auvergne justement toujours dans l'impasse, l'Union européenne considérant comme une distorsion de concurrence le zonage de la matière première souhaité par la filière. “Le dossier va partir à Bruxelles mais on sait que ça va être “retoqué”, a commenté Bernard Lepinay de l'Urpal. Et d'ajouter : “Il va falloir trouver un système plus malin pour préserver ce lien au territoire. Cela pourrait tenir à la certification et à une moyenne d'âge des lots”. Pour Félix Puéchal, vice-président du consortium des salaisonniers, ces bâtons dans les roues du projet n'empêchent pas les transformateurs de continuer à y croire.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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