Chasse : Privilégier la gestion et l'équilibre des espèces

La Fédération départementale des chasseurs mise plus que jamais sur une bonne maîtrise des populations des gibiers à travers la définition annuelle de plans de chasse.

A l'heure où se prépare la prochaine saison de chasse, la fédération des chasseurs du Puy-de- Dôme dresse le bilan de son activité 2007/2008. Un bilan marqué notamment par une stabilité dans les prélèvements des grands gibiers et la maîtrise des populations.

L'expansion du cerf

« Les plans de chasse que nous mettons en place chaque année favorisent une meilleure gestion des espèces » indique Christian Peyrin, président de la fédération départementale. Cette année, 2000 sangliers, près de 7000 chevreuils et pas moins de 150 cerfs ont été prélevés sur les terres départementales. « Concernant les cerfs, chaque année nous augmentons systématiquement le nombre de prélèvements afin de répondre à l'expansion géographique du cervidé. Celle-ci concerne surtout la zone Sud-est et ouest du département dans laquelle des communes se voient aujourd'hui dotées d'un plan de chasse pour le cerf, explique le président. Il est essentiel de maîtriser l'accroissement de cette population dont les dégâts sur les arbres et même sur l'herbe peuvent être importants. Notre objectif est de maintenir des populations à des niveaux raisonnables et éviter, comme dans certains départements, d'être dépassés par une surpopulation »
Pour le sanglier, la gestion est réalisée dans le même esprit avec pour objectif la maîtrise du nombre et la limitation des dégâts. La charte d'agrainage signée par la Fédération des chasseurs, la Chambre départementale d'agriculture et le Préfet, prévoyant l'interdiction d'agrainer pendant la période de chasse a été respectée, limitant ainsi les dégâts sur les exploitations agricoles.

Le développement du lapin

La pullulation des lapins sur certaines zones du département conduit la Fédération des chasseurs à mettre en place une série d'actions visant à maîtriser au mieux l'expansion du rongeur. Cette année, elle a obtenu la prolongation de la chasse jusqu'au 28 février, soit plus d'un mois d'activité supplémentaire. Afin d'aller plus loin dans la lutte, elle envisage de demander l'autorisation à la DDAF d'utiliser le furet dès la prochaine saison. Avec ses partenaires (Chambre d'agriculture et DDAF) elle propose la création d'une association de reprise de lapins, la plantation de cultures appétentes (ex du trèfle) en bordure de parcelle afin de protéger les cultures, et l'utilisation de produits répulsifs autour des champs (des produits déjà expérimentés dans l'Hérault).

La gestion des équilibres

« Privilégier la gestion des espèces plutôt que la gestion financière» est la devise du président de la Fédération départementale des chasseurs qui pour préparer la prochaine saison met en place une nouvelle méthode de gestion des cerfs combinant trois outils: un comptage au printemps au phare de nuit, des prélèvements pour pesages individuels des animaux, et une étude du régime alimentaire du cervidé, « le tout étant réalisé dans un cadre scientifique via un protocole » précise David Laffitte, directeur de la Fédération. « Le comptage de printemps est intéressant car il permet d'apprécier à cette époque, et au plus juste, le nombre d'animaux ».

 

Enfin, par delà l'analyse et l'évaluation des populations qui précèdent toute nouvelle saison de chasse, la Fédération départementale s'emploie actuellement à mettre la dernière touche au tout nouveau schéma départemental cynégétique préconisé par une loi de 2000. Il aura fallu deux ans de réflexion, de travail et de concertation pour définir une politique départementale de la chasse et donner ainsi un cadre à cette activité. Pour le président et le directeur de la Fédération, cette évolution, adossée à la poursuite des plans de chasse sur le département et aux échanges avec les organisations professionnelles agricoles, ne peut qu' « améliorer la gestion et la maîtrise des équilibres des populations». Deux chiffres : au 30 juin 2006 la Fédération enregistrait 185 000 euros de dégâts, au 30 juin 2007 : 101 000 euros, « un résultat lié aux plans de chasse »

Le faisan à l'air libre

Il y a quatre ans, la Fédération départementale des chasseurs mettait en place des volières à ciel ouvert sur trois sites différents (les Combrailles, Chadeleuf et Messeix). Objectif : constituer des populations naturelles de faisans et mettre un terme aux lâchers. Pour Christian Peyrin « L'opération est concluante. Ces espaces clôturés d'un hectare à ciel ouvert empêchent les prédateurs de rentrer tout en permettant aux faisans d'entrer et sortir à leur guise et d'aller ainsi coloniser les alentours. »

Source Auvergne Agricole

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