Chevaux lourds : Le secteur traverse une mauvaise passe

Sonia Molherat

Le syndicat des éleveurs de chevaux de races lourdes a tenu son assemblée générale. L'occasion pour les adhérents de faire part de leurs inquiétudes pour l'avenir.

“On est dans de mauvais jours. Au syndicat, on se débrouillera, mais je vois mal l'avenir de l'Union des chevaux de trait d'Auvergne”. C'est le triste constat qu'a dressé Roger Condamine, président du syndicat des éleveurs de chevaux de races lourdes du Cantal, face aux éleveurs du département venus assister à l'assemblée générale de leur syndicat, jeudi 22 avril, à Maurs. Baisse des primes, réagencement des Haras nationaux, augmentation des tarifs d'équarrissage, baisse du nombre d'adhérents au syndicat et par conséquent des effectifs équins, font partie des préoccupations majeures pour les éleveurs de chevaux de trait du département. Avec 66 départs pour 19 arrivées, le syndicat subit une lourde perte du nombre de ses adhérents (306 en 2009 contre 353 en 2008) mais aussi, logiquement, une baisse des effectifs équins (1 084 juments et 81 étalons en 2009 contre 1 180 et 83 en 2008). Sur le plan financier, cette perte conduit à une diminution des cotisations au moment même où plusieurs aides, auparavant accordées au syndicat, dont celles de la CREAMR (Commission régionale de l'économie agricole et du monde rural), ont été supprimées.

Des coups durs portés à l'élevage des chevaux de trait

Faute d'entente nationale comme il en existe dans le secteur bovin, les éleveurs équins accusent également une nouvelle hausse des tarifs d'équarrissage (240 euros pour un adulte, 160 pour un poulain et 60 pour un mort-né) alors que les cours des poulains sont au plus bas. Si la filière des chevaux lourds connaît une progression du marché espagnol pour les poulains, l'Italie reste son principal client. Or, la réglementation de chargement des camions vers ce pays pose problème. “Quand on met moins de chevaux dans les camions, c'est aux éleveurs que cela coûte cher”, regrette Roger Condamine qui a assuré à ses adhérents avoir envoyé plusieurs courriers aux parlementaires européens et au ministère afin de résoudre le problème.
Si l'optimisme n'est pas forcément de mise au sein de l'organisation, Roger Condamine a tout de même souligné le maintien de l'activité des foires chevalines du département, les résultats encourageants de la pépinière d'étalons, le bon fonctionnement du site Internet et, enfin, les bénéfices de l'aide du Conseil général qui a permis l'acquisition de chevaux de qualité. Elle est d'ailleurs renouvelée cette année selon les mêmes modalités, 17 dossiers pouliche et 18 dossiers étalons ont déjà été déposés.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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