Christian Massonneau, président du SEA du Poiré-sur-Vie : Les adhérents veulent du résultat

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Le Poiré-sur-Vie avec 105 agriculteurs et 3710 hectares cotisants est une des plus vastes communes de Vendée et le tissu agricole y est très vivace. Le SEA comptait 83 adhérents en 2003. Il en compte 82 aujourd'hui. Le point avec Christian Massonneau, son président depuis 2002.

Malgré la démographie agricole décroissante et malgré la crise qui frappe presque toutes les productions, vous maintenez le nombre des adhérents à votre syndicat local. Comment l'expliquez-vous ?

C'est pourtant pas qu'on les tient ficelés mais c'est sans doute qu'ils y voient leur intérêt. En fait derrière cette stabilité il y a aussi un peu de mouvement. Il y a eu cinq installations en 2009 dans la commune et ce sont maintenant cinq adhérents. Il y a eu aussi ceux qui nous ont quittés, parmi lesquels des gens qui sont arrivés à la retraite ou qui ont laissé le métier et puis il y a aussi deux exploitations qui n'ont pas renouvelé leurs cotisations.

La crise laitière laisse-t-elle des traces ?

Oui. L'une de ces exploitations est d'ailleurs un gaec laitier à 4 associés. Il y a certes chez eux le souci de faire des économies et c'est d'ailleurs leurs cotisations à l'ensemble des OPA qui est remise en cause mais ce sont aussi des gens qui se sont laissés entrainer et qui ont participé au mouvement de contestation. Ils m'avaient prévenu de leur état d'esprit, j'ai donc pas été surpris. Et puis c'est chez nous comme partout avec des gens qui nous rejoignent momentanément parce qu'ils ont besoin de nous et qui s'éloignent dès qu'ils ont obtenu ce qu'ils voulaient. Ceux là on les voit jamais aux mobilisations. Quand ils sont avec nous il faut savoir que c'est pas par conviction et c'est pas ce qui doit nous empêcher de faire ce qu'on a à faire.

Justement, comment faites-vous pour animer votre SEA ?

D'abord nous sommes une bonne équipe et on ne reste jamais trop longtemps sans se réunir pour une raison ou pour une autre. La principale de ces raisons ce sont les certificats d'urbanisme. Nous sommes alors sollicités pour donner un avis. Je connais bien la commune et en plus je suis dans le conseil municipal donc je suis bien au courant de ce qui se passe et des projets en préparation ici ou là. Mais la commune est grande et je ne peux quand même pas connaître tous les tenants et aboutissants d'une affaire alors je préfère déléguer ou m'entourer d'un membre du bureau qui est du secteur concerné. Cela dit pour garder le maximum d'objectivité il ne faut surtout pas être trop proche ou partie prenante. Il faut être bien informé mais vaut mieux avoir un peu de recul. On a eu des dossier lourds il y quelques années et j'y passé du temps. Beaucoup de temps. Il fallait aussi laisser le temps au temps pour que les choses se décantent. De toute façon, quant un dossier est trop complexe je vais au-delà du bureau pour donner un avis et je souhaite alors la présence de tout le conseil, soit une quinzaine de personnes.

La vivacité de votre réseau c'est ce qui explique votre haut niveau d'adhésion ?

Sans doute et nos contacts fréquents c'est vrai que ça rend la vie plus facile . Je dois dire d'ailleurs que le retour des cotisations s'est mieux passé que ce que je craignais. Mais je sens que là ça ne va plus être suffisant, qu'on est au bout de quelque chose. J'ai beaucoup sollicité mes collègues cette année que ce soit pour aller devant des abattoirs ou des grandes surfaces et maintenant je sens qu'il faut que quelque chose bouge. Les gens voudraient percevoir du résultat. Ils ont espéré dans « l'année blanche » et le gouvernement les a déçus. Il ne faudrait pas qu'il y ait une autre année comme ça. Il faudrait repartir sur un cycle positif sans quoi les gens vont se dire mais à quoi ça sert d'adhérer ?

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