Circulez, y’a rien à voler

Julien Marchione

Opération coup de poing sur l’axe Paimbœuf/Saint Viaud le 10 avril. Une quarantaine de gendarmes contrôlent camionnettes et fourgons aux abords d’exploitations agricoles.
Opération coup de poing sur l’axe Paimbœuf/Saint Viaud le 10 avril. Une quarantaine de gendarmes contrôlent camionnettes et fourgons aux abords d’exploitations agricoles.

Les services de gendarmerie de Loire-Atlantique et les agriculteurs de la FNSEA 44 s’associent pour lutter contre les vols dans les exploitations.

Ces dernières années, les vols dans les exploitations agricoles n’ont cessé d’augmenter. Ferrailles, matériels agricoles, animaux… Les agriculteurs se sentent démunis, pris au dépourvu face à ce phénomène grandissant. En octobre dernier, un agriculteur de Donges avait retrouvé l’une de ses génisses dépecée en bordure de champ. Pour protéger au mieux les agriculteurs et leurs exploitations agricoles de ces préjudices, tant financiers que moraux, la gendarmerie de Pornic et les représentants locaux de la FNSEA 44 se sont rencontrés le 10 avril dernier.
« Nous avons une attention particulière sur les vols dans les exploitations agricoles », a déclaré Eric Desse, commandant de la compagnie de gendarmerie départementale de Pornic. « Tou­tes nos unités sont mobilisées sur cette problématique. » En règle général, au cours de ces deux dernières années, une baisse de 30 à 35 % des cambriolages a été constatée. « Cependant, le vol dans les exploitations subit une augmentation allant presque du simple au double », a nuancé Emmanuel Bordeau, sous-préfet de Saint-Nazaire.

Mieux vaut prévenir…

Des mesures de prévention, de protection et d’intervention ont été annoncées « dans le cadre du partenariat renforcé avec les agriculteurs » suite au plan d’action mis en place par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur et Stéphane Le Foll, en charge du ministère de l’Agriculture. Dans un premier temps, il s’agit de mettre en œuvre des plans départementaux dédiés à la sécurité des exploitations, « d’ici le mois prochain normalement », a indiqué le sous-préfet. Des moyens d’enquête spécialisés seront développées face aux structures criminelles via le Gelac (Grou­pe d’enquête et de lutte anti-cambriolages).
Actuellement, la gendarmerie mè­ne des actions de sensibilisation auprès des agriculteurs du Pays de Retz avec une distribution de dépliants. Le dispositif Vigidel, jusqu’alors proposé aux commerçants, s’étend également aux agriculteurs. Ces derniers pourront alors informer les services de gendarmerie en temps réel via Internet d’un phénomène délictuel.

…que guérir !

Et l’appel au 17 n’est pas à négliger. C’est même le premier reflexe à avoir. « Lorsque l’on voit une voiture tourner autour d’une exploitation, il ne faut pas attendre qu’elle y rentre pour appeler », a indiqué le sous-préfet de Saint-Nazaire. « Toute activité anormale doit être si­gnalée », a poursuivi le com­mandant Éric Desse. En cas de vol constaté, ne touchez à rien pour permettre « une action efficace des spécialistes en police technique et scientifique ». Les agriculteurs sont invités à venir porter plainte « pour faire avancer le volet judiciaire » en cas de vol.
Pour dissuader au plus les vols dans les exploitations ou prendre sur le fait les auteurs, la gendarmerie organise des opérations coup de poing com­me le 10 avril dernier. Une quarantaine de militaires répartis dans sept points de contrôle sur le secteur Paimbœuf/Saint-Viaud.
Alors comment se protéger ? Comment sécuriser son matériel, son exploitation et son cheptel ? « Certaines exploitations commencent à s’équiper de vidéosurveillance », souligne Anthony Moreau, secrétaire général adjoint de la FNSEA 44. « La Cuma dont je suis président a même été équipée d’une alarme. »

Le cheptel, cible privilégiée

Pour aider les agriculteurs à faire les bons choix pour se protéger efficacement, un référent sécurité à été mis en place à l’échelon départemental : le Major James Piton. « Installer des clôtures électriques tout autour d’une exploitation ? Ce n’est pas possible. Maintenant, il y a d’autres choses que l’on peut faire. » Des réunions de sensibilisation sont proposées aux agriculteurs où sont donnés des conseils globaux « qui concernent toutes les exploitations. » Pour celles considérées plus sensibles, le major peut se déplacer sur site pour améliorer individuellement la sureté de l’exploitation.
Depuis peu, le cheptel devient une cible privilégiée. Volailles, porcs, mouton et même bovins. « Le plus difficile à sécuriser », selon le Major Piton. « On peut essayer d’avoir une réflexion sur le choix du positionnement des animaux. » Choisir plutôt une parcelle moins facile d’accès qu’une autre au détriment d’un peu de tranquillité par exemple. « Pour embarquer un animal, on ne laisse pas le véhicule à 500 mètres. On peut donc réfléchir à comment éviter l’approche de véhicules aux abords des exploitations ; un fossé par exemple. Le but de mes conseils est d’aboutir à un résultat avec des choses pratiques et peu chères. » Si certains pensaient qu’il était facile de voler une exploitation agricole, il faut savoir que « cela va vite changer », a conclu le sous-préfet Emmanuel Bordeau.

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