Clermont-Ferrand : Capitale de la recherche agronomique

Près de 900 scientifiques venus du monde entier se retrouvent jusqu'au 9 septembre à Clermont-Ferrand pour échanger leurs travaux sur la recherche agronomique, en particulier le génome du blé, un domaine dans lequel la capitale auvergnate joue un rôle majeur.

La génétique des céréales, la physiologie des ruminants ainsi que les propriétés technologiques du blé figurent au menu de trois congrès successifs organisés par l'Inra (Institut national de la recherche agronomique).

Le blé, un enjeu majeur pour l'agriculture de demain

Le premier d'entre eux, qui s'achève ce vendredi, a notamment permis à 250 chercheurs venus de 36 pays d'aborder le génome du blé et son séquençage. Le séquençage consiste à décrypter les informations contenues dans les chromosomes et les gènes. « Par la suite, ces renseignements nous permettent par exemple de savoir quels gènes sont responsables de la résistance d'une variété à telle ou telle maladie », explique Catherine Feuillet, directrice de recherche à l'antenne clermontoise de l'Inra, en pointe dans ce domaine.

Le blé, qui est à la base de l'alimentation de 35% de la population mondiale, constitue un enjeu majeur pour l'agriculture de demain et son génome est un véritable défi pour la communauté scientifique. « Avec l'accroissement de la population mondiale qui consomme de plus en plus de viande et de céréales, le séquençage permet d'améliorer le rendement et la qualité du blé mais également de faire face aux catastrophes climatiques liées au réchauffement de la planète », explique la chercheuse qui a reçu le trophée « femme en or de la recherche 2009 ».

Un génome complexe

Problème, le génome du blé, avec ses 42 chromosomes, est particulièrement complexe, cinq fois plus important que celui de l'homme. La recherche dans ce domaine a pris du retard par rapport à d'autres céréales comme le riz ou le maïs. En 2005, Mme Feuillet a été l'une des fondatrices d'un consortium réunissant plusieurs pays qui se sont « partagés » les chromosomes. L'Inra de Clermont-Ferrand a hérité du plus gros d'entre eux, le chromosome 3B.

En 2008, l'équipe de Mme Feuillet a établi la carte physique du 3B, « une première étape vers le séquençage », pour localiser les gènes qui présentent un intérêt agronomique comme un gène de résistance à la maladie de la rouille noire provoquée par un champignon. « Le chromosome 3B sera certainement le premier à être séquencé à Clermont-Ferrand, et le reste du monde attend de voir comment les choses avancent ici parce qu'une partie importante de notre travail dépend de ce qui se passe en Auvergne », témoigne le professeur australien Peter Langridge en marge du congrès.

La présence de 250 chercheurs au congrès, soit le double des précédentes éditions, « est un véritable succès » qui « confirme la place centrale de Clermont-Ferrand dans ce domaine », commente Gille Charmet, chercheur clermontois. « Si les financements suivent, le séquençage complet pourrait aboutir d'ici cinq ans », espère de son côté Mme Feuillet, jugeant que « sur le plan technologique, ce n'est plus un problème ».

Source AFP

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