Colloque : La vache laitière de 2020 déjà en colloque à Caen

Thierry Guillemot

Colloque : La vache laitière de 2020 déjà en colloque à Caen

Quelle agriculture, quelle vache laitière en 2020 ?” Tel est le thème proposé par les Contrôles Laitiers de Normandie à l'occasion de leur colloque qui se tiendra le jeudi 22 janvier prochain, de 10 h à 16 h 30, à Caen Expo Congrès.

3thèmes principaux seront abordés par des spécialistes reconnus :le contexte économique : enjeux mondiaux, environnement et société, marchés, les nouvelles technologies et leurs conséquences sur les élevages : robotisation, technologies RFID, informatisation, … par Christophe Lecomte et pour nos vaches laitières : quelle génétique ? Quel lait produit ? Quelle alimentation ? Quelle santé ? Premiers éléments de réponse en avant première.

Génomique : plus rapide, plus précis et plus large

En matière de génomique animale, la France est dans le peloton de tête. Grâce au programme SAM (Sélection Assistée par Marqueur) initié au début des années 2000, les entreprises de sélection se sont largement impliquées dans ces nouvelles technologies. Elles vont rebalayer “toutes les habitudes en terme de sélection”, prédit Mickaël Brochard, chef de projet de l'Institut de l'Elevage. Pour faire simple, on peut connaître désormais le niveau génétique des animaux très tôt après leur naissance sans attendre leur descendance. “Les schémas de sélection qui s'appuyaient sur un testage des animaux vont être modifiés de ce fait”. Mais va-t-on augmenter le nombre de candidats ? Utiliser les animaux tout de suite ou réaliser quand même un contrôle sur descendance (...) ? De nombreuses questions restent à trancher. Toujours est-il que sur des caractères qui s'expriment tard ou à faible héritabilité, la génomique constitue un outil très utile. Elle ouvre également de nouveaux spectres d'intégration de caractères de sélection comme la composition fine du lait (acide gras et protéines). En résumé, un progrès génétique plus rapide et de nouveaux critères de sélection au service, dans un premier temps, des vaches laitières.

Capteurs et indicateurs à la rescousse de l'oeil

Avec l'augmentation de leurs tailles, la surveillance des troupeaux laitiers pourrait devenir problématique pour le simple oeil, même avisé, de l'éleveur. Heureusement, après des pays comme le Danemark ou bien Israël, les capteurs et analyseurs en tous genres vont faire leur apparition dans les stabulations françaises. Ils devraient essaimer dans les 4 à 5 ans. Les robots de traite ont précédé cette tendance lourde. Capteurs et indicateurs, couplés aux NTC (Nouvelles Technologies de la Communication), vont apporter une foultitude d'informations à l'éleveur comme par exemple une vache qui, dans sa journée, ferait moins de pas que d'habitude. Mais trop d'informations ne risquent-elles pas de tuer l'information ? “Le risque est effectivement que l'éleveur se trouve noyé”, reconnaît Christophe Lecomte, directeur adjoint de France Contrôle Laitier. “il y a un juste milieu à trouver entre la quantité et le niveau d'information”. Des évolutions qui vont changer certains métiers comme ceux du Contrôle Laitier. “Dans ce type d'exploitation, nous n'allons plus venir en tant qu'organisme collecteur de données pour les valoriser. Nos techniciens vont devenir des conseillers d'éleveurs sur la base des données de l'éleveur propres à sa base d'information”.

Alimentation : l'efficacité alimentaire pour objectif

“Mieux maîtriser l'efficacité alimentaire tout en continuant à augmenter la production par vache !”. Telle est l'équation qu'ont à résoudre pour 2020 les spécialistes de la nutrition animale. Le hic, c'est que “la capacité d'ingestion n'augmente pas au même rythme que la production, souligne Yann Martinot, directeur technique du Syndicat d'Elevage et de Contrôle Laitier de l'Orne. La vache aura donc besoin de mobiliser encore plus ses réserves en début de lactation et de bien les reconstituer ensuite pour préparer la lactation suivante”. Le calage des rations va donc s'affiner avec pour objectif une meilleure efficacité alimentaire.
Pour ce faire, les nutritionnistes vont disposer de nouveaux critères comme les matières grasses essentielles et pourront compter sur la génomique pour affiner leur connaissance. Quelle place pour l'herbe dans cette approche de plus en plus pointue ? Une place de premier ordre rassure Yann Martinot. “Les meilleures performances sont souvent associées au pâturage. Il faudra encore mieux intégrer l'herbe avec son profil spécifique riche en azote et pauvre en énergie.”

Programme

10 H 30 – 10 H 45 : introduction par Vincent ANDRIEU, président de la FROCL et de France Contrôle Laitier.
10 H 45 – 11 H 30 : les enjeux agricoles internationaux par Bruno PARMENTIER, directeur ESA Angers.
11 H 30 – 11 H 50 : questions - débat.
11 H 50 – 12 H 15: les nouvelles technologies et leurs conséquences sur les systèmes de production par Christophe Lecomte,
directeur Adjoint de France Contrôle Laitier.
12 H 15 – 12 H 30 : questions - débat.
La vache laitière en 2020 : prospectives
14 H 15 – 14 H 45 : en matière de Génétique par Mickaël Brochard, Institut de l'Elevage.
14 H 45 – 15 H 15 : en matière de Santé animale sur la vaccination par Dr Loïc Oliviero, Laboratoire Intervet.
15 H 15 – 15 H 45 : en matière de Nutrition animale par Yann Martinot, Contrôle Laitier Orne.
15 H 45 – 16 H 15 : questions - débat.
16 H 15 – 16 H 30 : conclusion du colloque par Vincent Andrieu.
Animation : FRANCE CONTROLE LAITIER : Serge BAZIN – Directeur France Contrôle Laitier
Contacts : Michel SADY (Contrôle Laitier du Calvados – michel.sady@calvados-controle-laitier.fr)
ou Laurent Hédou (Contrôle Laitier de la Manche - laurent.hedou@manche-controle-laitier.fr).

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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