Comment l’agriculture peut contribuer à la croissance française

AGRA PRESSE

“Allégez nos contraintes et on vous fera la croissance” : telle est l’idée des responsables des secteurs de production pour renouer avec la croissance.

Comment l’agriculture peut contribuer à la croissance française

 

Comment retrouver le chemin de la croissance et conjurer la crise ? De tous bords, patronat, syndicats, PME, commerce, font assaut d’idées et de propositions pour mieux recruter, relancer leur compétitivité et faire tourner plus activement la machine économique. En plaidant à nouveau pour une TVA emploi censée alléger le coût du travail, la FNSEA, en tout début d’année, a voulu montrer que l’agriculture n’est pas en reste. Mais ce dispositif fiscal n’est qu’un élément parmi d’autres. Interrogés, les responsables de grands secteurs de production agricole sont persuadés que leurs filières peuvent faire mieux : recruter, exporter plus, créer plus de valeur ajoutée. À condition que l’on desserre certains étaux qui les contraignent : normes environnementales, non refusées par principe mais souvent jugées plus contraignantes que chez les voisins de l’UE, droit de la concurrence, etc. C’est peut-être cela l’idée d’un nouveau contrat : “Allégez nos contraintes et on vous fera de la croissance”. Ainsi, même les plus fervents défenseurs de la TVA emploi, comme la FNSEA qui voit en la mesure “sans doute le seul moyen de gagner en compétitivité et de faire reposer sur les produits d’importation une contribution à notre système social”, ne négligent pas les autres possibles pour une plus grande performance : tels les “progrès économiques, sociaux, environnementaux, techniques et scientifiques” évoqués par Xavier Beulin, dans une lettre adressée aux candidats à l’élection présidentielle.

La France “en rajoute”

”En Allemagne, il n’y pas de Smic, on fait venir des travailleurs étrangers (européens ou non) et on leur applique les charges sociales du pays en provenance - toujours moindres évidemment : c’est une distorsion de concurrence inacceptable, a estimé quant à lui Guy Vasseur, président des chambres d’agriculture (APCA). Une diminution du coût de la main d’œuvre en France ne serait pas suffi­- sante - on s’en rend bien compte - pour s’aligner sur nos voisins. L’écart est trop grand.” “Pour lui, des normes françaises plus souples, simplifiées, peuvent en revanche agir comme un accélérateur de la compétitivité. “Nous constatons dans ce domaine une autre distorsion de concurrence avec nos voisins européens. Car si, tous, nous adoptons les mêmes directives (européennes), les pouvoirs publics français ont souvent tendance à en rajouter. Et à nous rendre la réglemen­tation encore plus exigeante, donnant lieu à des coûts supplémentaires.” Le président de l’APCA a, en particulier, pointé du doigt certaines initiatives du ministère de l’Environnement. C’est le cas notamment pour les installations classées, pour lesquelles la norme française s’applique plus lourdement que la norme européenne, pour les pesticides dont certains sont autorisés outre-Rhin et outre-Pyrénées, mais interdits en France . “Il faut aussi une République indivisible”, estime Guy Vasseur : autrement dit, que tous les ministères et services de l’État appliquent la même règle. “Trop souvent, les pouvoirs publics français essaient d’être encore meilleur élève que le meilleur élève. Trop souvent, l’on fait payer cela à l’agriculture et ça, ça n’est pas acceptable.” Dans le domaine de la méthanisation, c’est EDF cette fois-ci qui se ferait plus exigeant que la norme européenne. mais pour le cas des bassins d’alimentation de captage instaurés par le Grenelle, c’est à nouveau le ministère de l’Environnement qui est visé par Guy Vasseur.

Chacun veut son paquet lait

Filières fruits et légumes et vin se rejoignent, elles, sur les problématiques liées à l’Autorité de la concurrence qui font entrave à leur regroupement. Chacun voudrait son “paquet lait” qui, pour ce secteur, contribue à desserrer un peu les règles de concurrence. Et la plupart plaident pour l’innovation, la réforme de la fiscalité et la mise en place d’outils de régulation pour tenter de maîtriser les aléas du marché. La méthode pour une plus grande compétitivité n’est en aucun cas le fruit du hasard : si elle repose sur la combinaison de l’ensemble de ces facteurs, elle nécessite aussi, selon le président de la FNSEA, une part de “responsabilité à assumer”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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