Commerce bovin : La filière du maigre appelle à une reprise immédiate de l'export

Patricia Olivieri

Commerce bovin : La filière du maigre appelle à une reprise immédiate de l'export

Fortement touchés par les délais imposés par la vaccination contre la FCO, éleveurs et négociants attendent une réaction du gouvernement.

Les chiffres sont là : 20 000 broutards, 3 500 animaux par semaine immobilisés, 40 à 95 % de l'activité des marchands de bestiaux et entreprises d'export suspendue depuis le 3 mars, des salariés en chômage technique... La décision des pouvoirs publics italiens de conditionner les importations d'animaux à leur vaccination contre la fièvre catarrhale est en passe de provoquer un véritable marasme pour une filière bovine, au coeur de l'activité exportatrice du Cantal. Une décision que les représentants de l'ensemble de cette filière, réunis mardi 18 mars à l'initiative de la FDSEA et des JA, ont bien du mal à comprendre. D'autant que, comme l'a expliqué Frédéric Lagarde, de L'Européenne, les engraisseurs italiens sont eux aussi pénalisés par la position de leurs autorités sanitaires. “On est pris en otage aujourd'hui par cette décision”, regrette-t-il. Et chaque jour qui passe depuis le 3 mars, date d'application de cette mesure, aggrave les difficultés des éleveurs, dont les trésoreries souffrent depuis plusieurs mois déjà de l'envolée du prix des aliments, du fuel et produits azotés dérivés, et celles des entreprises.

Débloquer l'export au plus vite

Ce que tous attendent ? “Que le commerce reprenne au plus vite”, clament de concert responsables syndicaux, de coopératives, d'associations d'éleveurs et de négociants. Il y a urgence, pour Patrick Bénézit, secrétaire général de la FDSEA : “Le surcoût journalier du maintien des broutards sur les exploitations est estimé à deux euros par jour sans compter la main-d'oeuvre, l'amortissement et la dépréciation commerciale à venir”. Car au-delà des délais imposés par la vaccination, la crainte des opérateurs est de voir les circuits de commercialisation remis en cause à plus long terme. “On a tout à craindre d'une mise à l'arrêt prolongée des ateliers italiens : avec le découplage des aides, le risque est grand de les inciter à cesser leur activité et de destructurer la filière”, prévient de son côté Xavier Bel, du groupe Altitude.

Craintes face à la concurrence

Jean-Luc Lacombe, négociant, met lui en garde contre des circuits d'approvisionnement de substitution qui pourraient se mettre en place si la situation perdurait : “Nous perdons chaque année des parts sur l'Italie, on risque d'ouvrir encore plus ce marché à la concurrence, y compris sud-américaine”. Et si tous conviennent que cette dépendance au seul marché italien est une source de fragilité, tous insistent aussi sur la complémentarité parfaite entre le bassin allaitant et son voisin italien : “Les Italiens consomment du jeune bovin, nous de la vache de réforme ; ils ont de quoi engraisser nos broutards mais pas de surfaces pour élever des vaches nourrices. Quand le commerce est fluide, c'est une filière qui fonctionne parfaitement”. Alors, face à l'absence de réponse des pouvoirs publics, la Fédération nationale du commerce bétail et viande (FNCBV) devait tenir cette semaine des réunions régionales pour envisager de passer à l'action, à l'image de ses partenaires éleveurs.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source journal L'Union du Cantal »

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