Commerce des céréales : Un bilan allégé pour le blé tendre français

Gabriel Omnès

Grâce au dynamisme à l'export et à des utilisations en hausse, le bilan du blé français voit son stock de report perdre 800 000 tonnes par rapport aux estimations du mois dernier.

Voilà un régime minceur qui ferait pâlir d'envie plus d'un top model : en l'espace d'un mois, le stock de report prévisionnel du blé tendre français a fondu de 800 000 tonnes, passant de 3,5 millions de tonnes (Mt) à 2,7. Après avoir été annoncé à plus de 4 Mt il y a quelques semaines, le surplus de fin de campagne passerait donc sous le niveau de l'an dernier.

Tous les facteurs au vert

La nouvelle donne euro-dollar, qui favorise l'origine européenne sur le marché mondial, explique une large part de cette évolution. Le prix du blé français s'affichait à 167 dollars la tonne à la mi-mai, face à un Soft Red Winter américain en lévitation, à 187 dollars. Fait plutôt rare : la marchandise tricolore était mieux disante que son homologue de la mer Noire, à 175 dollars. Grâce à ce dynamisme retrouvé, les estimations des exportations françaises sur pays tiers engrangent 300 000 tonnes supplémentaires en un mois.
Mais l'embellie touche aussi les autres postes du bilan. « Cette forte révision du stock de report est liée au fait que tous les facteurs sont au vert, alors que d'habitude ils se compensent », se félicitait le 19 mai Christian Vanier, directeur des filières de FranceAgriMer. Les expéditions de blé français vers les pays de l'Union européenne ne sont pas en reste, avec une réévaluation à la hausse de 150 000 tonnes. Même les fabricants d'aliments du bétail, à l'activité en berne depuis quelques mois, retrouvent un peu de perspectives et contribuent à l'effort d'assainissement.
Dans un contexte mondial toujours lourd, ce retournement de situation offre déjà un motif de satisfaction, selon Rémi Haquin, président de la section grandes cultures de France-AgriMer : « Nous observons un raffermissement des prix moisson et nouvelle campagne, alors que l'on aurait pu craindre leur effondrement avec l'arrivée de la nouvelle récolte. » Bientôt des pris rénumérateurs ?

 

 

Source Réussir Grandes Cultures Juin 2010

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