Commercialisation : A Pâques, la colère des éleveurs contre la grande distribution

La France ne fournit que 20 % des agneaux pour les fêtes pascales. Mais ce n'est pas une raison pour carrément « offrir » un gigot néo-zélandais au consommateur, comme l'a fait la grande distribution cette année.

Pour les fêtes pascales, le fameux gigot d'agneau entier était dans les rayons des supermarchés, pour le plus grand plaisir des consommateurs. Seul hic, des opérations spéciales de différentes enseignes qui ont fait bondir les éleveurs ovins. Si elles pouvaient séduire les consommateurs non avertis, elle a fait réagir la profession avec un prix allant de 5,90 à 8 euros le kg. Il s'agissait évidemment de viande « chilled » en provenance de Nouvelle-Zélande ou d'Australie, trois fois moins chère que le gigot français.
Ce n'est pas une nouveauté, tous les ans, il y a de l'agneau d'import pour Pâques à des tarifs assez bas, puisque l'agneau français ne suffit pas à fournir la demande. Mais c'est une opération nationale mise en place par Carrefour qui a été la goutte d'eau : un gigot de Nouvelle-Zélande remboursé pour 100 euros d'achats, jusqu'à épuisement des stocks, soit 100 000 pièces pour la France.

(DR)

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Ne pas brader l'agneau

Serge Préveraud, président de la Fédération nationale ovine, a pris contact avec les responsables de l'enseigne pour leur signaler le mécontentement des éleveurs français. « Cette opération, à la veille de Pâques, dévalue le produit, ça donne l'air de le brader ; alors que l'on souhaite travailler avec ce groupe sur la contractualisation » explique le responsable professionnel qui « privilégie le dialogue ». Afin de discuter avec la grande distribution, des représentants du syndicat ont rencontré quelques bouchers de l'enseigne dans les régions.
Des opérations plus musclées ont cependant eu lieu, notamment dans un magasin d'une autre enseigne à Millau, où des sympathisants de la Confédération paysanne ont tenté de passer en force à travers les caisses avec un chariot rempli de viande pour dénoncer ces pratiques. En Lozère, le syndicat des Jeunes Agriculteurs a également réagi en tentant d'informer le consommateur. « Dans un département où l'élevage ovin est menacé, la grande distribution a le devoir de proposer, si ce n'est des produits lozériens, au minimum des agneaux français. Les hypermarchés se doivent de jouer le jeu des circuits courts et privilégier les relations avec les producteurs d'ici ! » expliquent-ils dans un communiqué. Pour le consommateur, tout est confus. Mais la FNO assure qu'au niveau européen, le dossier sur l'étiquetage obligatoire avance. « Le consommateur doit savoir s'il achète français » rappelle Serge Préveraud.

 

Source Réussir Pâtre Mai 2010

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