Commercialisation : La grande distribution surfe sur la vague bio

La grande distribution popularise le bio en proposant des produits à prix cassés, une démocratisation bienvenue, mais qui suppose un recours massif aux importations et fait craindre aux producteurs de se voir imposer des tarifs ne leur permettant pas de vivre.

Les grandes et moyennes surfaces distribuent aujourd'hui 45% de l'alimentation biologique, loin devant les réseaux spécialisés. Pionnière dès 1990, l'enseigne Monoprix a été suivie par Carrefour et les autres. Dernier en date, Auchan propose, sous sa propre marque, 50 produits alimentaires certifiés bio à moins d'un euro.

Le prix étant le principal frein à l'achat de produits issus de l'agriculture biologique, cette initiative devrait contribuer à démocratiser ce marché qui reste encore marginal (3 milliards d'euros en 2009, soit moins de 2% de la consommation alimentaire des ménages français, qui s'est élevée à 140 milliards).

Mais l'offre de produits bio français étant inférieure à la demande, cette offensive de la grande distribution va se traduire par une hausse des importations, qui représentent déjà 38% des produits consommés.

Acheter bio importé, ou local non bio ?

Or, «un produit bio importé peut poser problème à une personne soucieuse de limiter son empreinte carbone», souligne Isabelle Senand, du cabinet Xerfi. Acheter bio importé, ou local non bio ? Tel est le dilemme pour un nombre croissant de consommateurs, dont certains, qui se surnomment les «locavores», privilégient clairement la deuxième option.

Le bio n'est pas seulement «un cahier des charges technique»: il doit prendre en compte «l'aspect social et environnemental», estime Dominique Marion, président de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB).

Leur crainte ? Que les grandes et moyennes surfaces imposent à l'agriculture biologique les normes et le modèle de développement qu'elles ont, selon eux, réussi à imposer à l'agriculture conventionnelle. «Le calibrage des fruits, c'est elles qui l'ont inventé», rappelle M. Marion.

De son côté, la Confédération paysanne redoute que « La grande distribution se serve du bio comme d'un produit d'appel, pour regonfler ses marges, sans se soucier des dégâts sociaux que ça peut entraîner » et que les producteurs bio se voient imposer à leur tour «des prix qui ne leur permettent pas de vivre».

Source d'après AFP

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