Comptes de l’agriculture : le résultat brut par actif non salarié en baisse de 12,3%

Comptes de l’agriculture : le résultat brut par actif non salarié en baisse de 12,3%

Les résultats "provisoires" publiés par la Commission des comptes de l'agriculture nationale, le jeudi 6 juillet, confirment que l'année 2016 aura été très difficile pour l'agriculture française.

La valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels baisse de 8,4 %. Quant au résultat brut de la branche agricole par actif non salarié en termes réels, il chute de 12,3 %. C’est ce qui ressort de la Commission des comptes provisoires qui s’est tenue le jeudi 6 juillet matin.

La valeur de la production agricole, hors subventions sur les produits, se réduit nettement, de 6,6% (- 5,6 % en volume, -1,1 % en prix) . La production végétale recule de 8,7 % en valeur (- 8,9 % en volume, + 0,2 % en prix) et la production animale de 4,3 % en valeur (- 0,9 % en volume, - 3,4 % en prix).

Par production, les évolutions sont les suivantes : 

  • En céréales, la valeur de la production s’effondre de 31,3 % du fait de très mauvais rendements et des prix en net recul. La récolte de céréales a souffert des intempéries de mai-juin et de mauvaises conditions climatologiques. Les rendements sont les plus faibles depuis 30 ans. La récolte mondiale est abondante et pèse donc sur les cours. En 2016, le poste « céréales » passe du 3ème rang au 5ème rang dans le classement des principales productions.
  • En plantes industrielles, baisse de la valeur de la production de 5,5 % (- 6 % en volume, + 0,5 % en prix). La valeur des oléagineux reflue de 10 %, celle des protéagineux de 22,7 %. À l’inverse, la valeur de la production de la betterave industrielle se redresse grâce à l’augmentation des prix (+ 5,7 %).
  • En produits maraîchers, horticoles et pommes de terre, la valeur de la production est en progression de 7,6 % (- 1,3 % en volume, + 9 % en prix).
  • En fruits, la baisse des volumes (- 2,6 %) est largement compensée par la hausse des prix (+ 8,6 %).
  • En viticulture, baisse de la valeur de la production de 6,8 % (- 5,6 % en volume, - 1,3 % en prix). La récolte 2016 est une des plus faibles depuis 30 ans. Le gel de printemps (Champagne, Bourgogne, Val de Loire) et la sécheresse en méditerranée ont pénalisé la production. Certaines régions ont été touchées aussi par la grêle, d’autres par le mildiou.
  • En bétail, la valeur de la production baisse de 0,5 % (+ 1,8 % en volume, - 2,3 % en prix). C’est surtout les gros bovins (- 4,7 % en prix) qui sont touchés par cette diminution. La production de porcins se redresse en valeur (+ 3,8 %). Même si l’offre européenne reste abondante, les cours augmentent grâce à la demande asiatique et ceci malgré l’embargo russe.
  • En aviculture, diminution de la valeur de la production de 5,3 %. Cela touche aussi bien les volailles (- 5,7 %) que les œufs (- 4,3 %). L’offre européenne reste très abondante.
  • En lait et produits laitiers, recul de la valeur de la production de 7,8 %. L’abondance de l’offre de lait de vache, après la fin des quotas laitiers, une moindre demande des chinois et la poursuite de l’embargo russe entraînent une chute des prix de 6,4 %.

Au niveau des consommations intermédiaires, la valeur des consommations intermédiaires baisse de 3,6 %. Les postes qui reculent sont :

  • Les aliments pour animaux (- 5,5 % en valeur). La diminution des cours des matières premières entraîne une baisse des cours des aliments composés payés par les éleveurs.
  • L’énergie et lubrifiant (- 7,5 % en valeur) en raison du repli des prix des produits pétroliers.
  • Les engrais et amendements (- 4,8 % en valeur) du fait d’un recul des prix des engrais les plus utilisés.

La forte diminution de la production agricole partiellement compensée par la baisse des consommations intermédiaires entraîne une chute de la valeur ajoutée brute de 10,8 % en valeur.

Les autres postes du compte d’exploitation évoluent aussi :

  • Les subventions d’exploitations (- 3,3 % à 8,2 Md€) ;
  • Les impôts à la production (- 11 %), conséquence du plan d’aide destiné notamment aux céréaliers (pacte de consolidation et de refinancement) ;
  • La rémunération des salariés (+ 1,2 %) ;
  • Les intérêts (- 1,6 %) ;
  • Les charges locatives (- 12,1 %).

Baisse des revenus agricoles dans une majorité de régions

Sur les 13 régions métropolitaines, cinq ont vu croître leur résultat agricole annuel, grâce aux résultats plutôt positifs dans la production fruitière. 

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Ces données calculées par l'Insee concernent le compte 2016 "provisoire" de l'agriculture. Par rapport au compte "prévisionnel" publié en décembre 2016, l'évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels a été révisée à la hausse de 3,2 points, soit une baisse de 8,4% au lieu des -11,6% annoncés fin 2016.

Pour en savoir plus : 

Commission des comptes : « un portrait très sombre de l’agriculture » (APCA)

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