Concilier tradition et modernité

Benoit Morel, éleveur à Outriaz (Ain)

Benoît Morel combine les techniques modernes d’élevage avec des pratiques ancestrales comme la transhumance. Il est élu Graines d’agriculteurs 2013.

Vingt ans, une installation datant de moins d’un an et déjà une distinction professionnelle : Benoît Morel est en effet le lauréat 2013 du concours Graines d’agriculteurs récompensant les projets innovants des jeunes installés.

Après les jeunes vignerons et jeunes maraîchers, les Trophées de l’installation honoraient cette année la filière bovine. Avec l’appui de son réseau, Benoît Morel a recueilli les suffrages du grand public.

Le Gaec, constitué avec son frère Adrien, gère un troupeau de 220 bovins de race charolaise, dont 80 mères, autant de veaux et 60 génisses destinées au renouvellement. Pour garantir la performance économique du troupeau, les deux éleveurs sollicitent la génétique et les outils les plus avancés en matière de reproduction.

« Notre élevage est conduit à 100 % en insémination artificielle, c’est assez rare en vaches allaitantes, note Benoît Morel. La synchronisation des chaleurs, les contrôles par échographie, le sexage des embryons à 30 et 45 jours ou encore la détection des vêlages avec alerte par SMS font également partie de nos pratiques. »

Avec la reproduction, l’alimentation est une autre mamelle essentielle de la performance technico-économique des troupeaux allaitants. Dans ce domaine, Benoît Morel ne renie pas les recettes du passé. C’est ainsi qu’entre les mois de mai et octobre, les 30 génisses âgées d’un an sont acheminées vers un alpage collectif du massif jurassien, situé à 35 km de l’exploitation et à 1 200 m d’altitude. « Les 400 bêtes en provenance de 15 exploitations se partagent 400 ha, un appoint indispensable à l’équilibre de notre élevage » insiste le jeune éleveur.

Investir dans la génétique, maîtriser la reproduction, valoriser une alimentation naturelle et durable : c’est nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il valoriser les produits à leur juste valeur. Benoît et Adrien ont pour objectif de développer une filière locale en sollicitant les autres maillons de la chaîne que sont l’abattoir local et les bouchers traditionnels.

En attendant, les deux frères achèvent la construction d’un bâtiment, grâce au soutien du Crédit Agricole.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier