Confédération paysanne : un “avenir pour tous”

P. OLIVIERI

Michel Lacoste, tête de liste : “Cette liste est tout à fait capable de gérer la Chambre d’agriculture”.
Michel Lacoste, tête de liste : “Cette liste est tout à fait capable de gérer la Chambre d’agriculture”.

La Confédération paysanne a présenté mercredi ses candidats dans les collèges exploitants et retraités.

C’est sous ce slogan que la Confédération paysanne a présenté mercredi au Centre des congrès d’Aurillac la liste de ses 23 candidats (21 titulaires, deux suppléants) dans le collège des exploitants agricoles et des quatre anciens exploitants (deux titulaires, deux suppléants) postulants dans le collège des retraités. Des paysans qui “croient à un projet d’agriculture alternatif au productivisme, assurant un vrai revenu à des paysans nombreux” et qui veulent être “présents à un moment où l’agriculture va devoir faire des choix avec les discussions de la Pac de 2014-2015”, a exposé Michel Lacoste, éleveur de vaches laitières en bio, déjà élu Chambre, et qui conduit cette liste. “Cette élection c’est un moment important aussi pour les syndicats qui, chacun, vont pouvoir exprimer leur vision de l’agriculture, c’est aussi un moyen de voir les forces en présence”, a-t-il poursuivi.

Maîtriser l’offre

Une vision mais aussi un programme, celui de l’agriculture paysanne : “L’agriculture paysanne, c’est très simple, c’est fait par des paysans d’abord en opposition à une agriculture de plus en plus industrielle, chimique, qui se dit scientifique, a traduit Michel Lacoste. Mais est-ce bien de la science ces grandes exploitations qui polluent ?” La Conf’ entend au contraire faire valoir une agriculture articulée autour de la notion de cadre de vie, de revenu, de prise en compte “de ses désirs pour sa production”, de production durable et de qualité, de respect des consommateurs... “Une vie non subie par des paysans fiers de faire ce métier et de répondre aux attentes de la société”, a-t-il résumé. Son cadet et deuxième sur la liste, Stéphane Malroux, également producteur laitier en conversion bio, s’est voulu lui plus incisif quant aux conséquences des politiques mises en œuvre ces dernières années et qui selon lui “ne mènent nulle part”. Et de lister un système de production de broutards à ses yeux “encore dépendant de l’Italie, avec des cours qui font le yoyo”, ne permettant plus de différer les ventes et un agrandissement qui “augmente le volume de travail sur des fermes qui deviennent invivables...”, a-t-il condamné, la Confédération se félicitant par ailleurs d’avoir obtenu la fin de l’aide à l’engraissement. Sa solution ? Maîtriser l’offre et aller vers plus d’autosuffisance : “80 % des fermes allaitantes gagneraient à avoir moins de vaches et plus d’autonomie”, fait valoir  Stéphane Malroux. Sur la question laitière, la Confédération paysanne estime que la contractualisation a donné tout pouvoir aux entreprises et elle déplore que les coûts de production ne soient pas pris en compte dans le prix du lait. Elle milite là aussi pour une maîtrise des volumes pour éviter les crises. Concernant les AOP fromagères, et notamment l’AOP cantal, le syndicat juge que le cahier des charges “n’est pas assez solide pour garantir plus de valeur”, d’autant moins avec la prime entreprise qui a succédé à la CVO. La Conf’ plaide pour “de vraies démarches qualité (AOP, lait montagne...)” sans en préciser les modalités. Enfin, elle s’est positionnée en matière de transmission et d’installation pour un parcours à l’installation plus pluraliste, la reconnaissance de la diversité des projets d’installation et des modèles agricoles dans la formation initiale.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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