Congrès national des Jeunes Agriculteurs à Rodez : Construire l'agriculture de demain

Eva DZ

Finançons, développons, transmettons : construisons l'agriculture de demain», les 600 congressistes JA ont planché sur le renouvellement des générations en agriculture, axe majeur du réseau, lors du congrès national de Rodez ce mercredi 8 juin.

«Comme il n'existe pas une seule agriculture, il n'existe pas un modèle d'installation». Deux ans après la mise en application du nouvel accompagnement à l'installation dans tous les départements, le réseau JA a dressé un bilan. Constatant les difficultés (diminution des installations, accès au foncier, instabilité des prix, coûts à l'installation,...), le rapport d'orientation JA s'appuie sur trois priorités : des exploitations viables, vivables et transmissibles.

«Il faut remettre l'économie au coeur du métier», ont-ils martelé. «Les installations sont différentes selon les territoires et selon les productions». Ils prônent des agricultures «économiques et publiquement reconnues». Si Raymond Lacombe disait «Pas de pays sans paysan», les JA renchérissent «Pas de paysan sans revenu». «Les prix rémunérateurs passeront par l'organisation des filières». Dans chaque projet, les aspects économiques et humains doivent être pris en compte. Pour favoriser la transmission des exploitations, les JA réaffirment la nécessité de créer un fonds agricole pour dissocier les éléments propres à l'agriculture du reste de l'entreprise. Un travail doit être entrepris auprès des futurs cédants.

Pour répondre aux nouvelles installations, les JA militent pour une professionnalisation du métier avec un accès au métier pour tous. Ils ont aussi planché sur le financement de l'installation.

Le tour des régions...

- Céline Michelon de JA Méditerranée : victime d'une grosse concurrence foncière, JA Méditerranée milite pour le maintien de l'outil Safer sous la responsabilité de la profession agricole. Il veut des filières fortes et rémunératrices et ne conçoit pas l'installation sans économie. «Nous sommes pour toutes les installations pourvu qu'elles soient agricoles et durables».

- Karel Lesaffre de JA Nord : «Les bâtisseurs de la JAC ont participé à l'élaboration de la loi d'orientation de 1962 à l'origine des CDOA, des Safer. Après 50 ans d'existence, ces chantiers doivent être réouverts pour adapter ces outils et les rendre pertinents».

- JA des départements d'Outre-Mer : constitué depuis quelques mois, JA d'Outre-Mer s'est porté candidat pour accueillir l'Université d'été 2012.

- Joël Paugnat de JA Massif Central : «80% de nos exploitations sont en zone défavorisée ou de montagne. Cette donnée doit être prise en compte dans l'accès à l'installation. Nos beaux paysages ne suffisent pas à attirer des jeunes. Les coûts d'installation comme ceux de production sont élevés. Les JA ont fait le choix des hommes pas celui des hectares».

- Stéphane Sauce de JA Bourgogne - Franche Comté : «La formation est une priorité à l'installation et tout au long d'une carrière. Les JA doivent participer à son évolution». Il défend aussi la préférence communautaire, «véritable moyen de régulation».

- Gaël Drouet de JA Ouest : «Les JA sont là pour accompagner tous les porteurs de projet. La relance d'une dynamique sur l'installation est nécessaire. Nous devrons aussi oeuvrer à la longévité de nos partenariats avec les financeurs de l'installation».

« Des Territoires, des Hommes, des Produits »

- Franck Labarrière de JA Normandie : «Pour assurer l'avenir de l'installation, nous devons être en mesure de proposer aux jeunes une rémunération. Le regroupement et la massification de l'offre nous donneront le poids nécessaire. Une forte participation dans nos OP et nos coopératives nous y aideront».

- David Lafont de JA Rhône - Alpes : «Le cadre national en faveur du renouvellement des générations doit prendre en compte les spécificités locales car les installations sont de plus en plus onéreuses».

- Jean-Paul Fontaine de JA Est : «S'installer ne doit plus être le parcours du combattant. Devenir agriculteur est un projet de vie professionnelle qui nécessite d'être réfléchi car les investissements s'inscrivent sur le long terme. L'engagement collectif doit permettre de trouver des solutions pérennes».

- Matthieu Roblin de JA Centre : «Nous ne devons pas laisser les autres gérer à notre place le renouvellement des générations. Notre premier combat est de maintenir le financement de l'installation. Et cette préoccupation d'assurer un avenir à notre profession ne se retrouve pas dans les autres corps de métier. Nous devons proposer un dispositif simple, efficace pour être crédible».

- Guillaume Mandin de JA Sud-Ouest : «Nous devons aboutir à une reconnaissance politique et technique en terme d'installation. Les outils ne doivent être démantelés».

- Etienne Barada de JA Midi-Pyrénées : «Des Territoires, des Hommes, des Produits, notre tryptique régional a été repris. Nous devons bâtir une véritable politique nationale pour accompagner les porteurs de projet. Le territoire est une composante essentielle, nous en subissons aussi la contrainte. Cette spécificité ne doit pas être diluée dans les politiques nationales et européennes. L'équité de traitement doit prévaloir. La meilleure politique de l'installation est une politique de revenu».

Source La Volonté Paysanne

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