Conseil régional : la sécheresse devra encore attendre

Sophie Giraud

La dernière session du Conseil régional a été l'occasion d'aborder brièvement les difficultés des agriculteurs victimes de la sécheresse, sans que des mesures soient adoptées.

Avant la parenthèse estivale, les élus de la Région réunis en session, la semaine dernière, ont planché sur plusieurs dossiers. Le traditionnel débat introductif a, une fois n'est pas coutume, dépassé le cadre strict de l'ordre du jour, pour emprunter les chemins escarpés de l'actualité. Une actualité de temps sec et qui dure, ce qui n'est pas sans compliquer encore un peu davantage le travail des agriculteurs. Comment le conseil régional d'Auvergne peut-il accompagner les paysans victimes d'une nouvelle vague de sécheresse ? Cette question, l'opposition a souhaité s'en emparer, ne voyant rien venir du côté de la majorité, en proposant dans un voeu, un dispositif adapté à la situation.

L'UPA demande une session extraordinaire

“Afin d'étudier un dispositif régional d'aides aux producteurs, par exemple, une aide au fourrage, pour éviter la décapitalisation du cheptel et la chute des cours, nous souhaitons la mise en place dès maintenant, d'un groupe de travail sécheresse, en liaison avec la profession agricole et les autorités publiques, de manière à présenter un plan d'actions régionales et l'ouverture de crédits correspondant avec la programmation d'une session extraordinaire”, explique Alain Mercier, élu du groupe Union pour l'Auvergne. À cette demande exprimée par un voeu, rejeté par la première commission, le président de Région répond d'une part que la Région “n'a pas à faire ce que fait déjà l'État”, et d'autre part, estime que la prime au fourrage “pourrait avoir comme conséquence directe et mécanique une augmentation des prix et donc un effort nul pour nos agriculteurs”. Le souvenir de 2003 et des 20 millions d'euros engagés à l'époque par le Conseil régional sont restés en mémoire de René Souchon, argumentant que cette opération avait davantage enrichi les transporteurs que les agriculteurs. Reste que si la Région perçoit “la détresse de la profession et le besoin d'une solidarité”, pour l'heure, aucune mesure concrète de soutien n'a été examinée. À la précipitation, le président de l'Assemblée régionale oppose la méthode, qui pour lui prendra la forme d'une coordination avec les conseils généraux “afin de cibler entre collectivités nos actions en direction de la profession”.

 

Rendez-vous à la rentrée

Une “plateforme” de propositions cohérentes devrait être bâtie durant l'été, tandis que le débat sur “les mesures que nous pourrions prendre” pourrait intervenir en tout début de rentrée, à l'occasion non pas d'une session extraordinaire, mais d'une conférence agricole.
“Il y a un manque de réactivité évident. Si nous n'étions pas intervenus, le président n'aurait même pas parlé de la sécheresse”, estime Alain Mercier. Au-delà du conjoncturel, lui et son groupe ont défendu des mesures visant à inciter à la construction de bâtiments de stockage, à favoriser un plan de formation des éleveurs pour renforcer l'autonomie fourragère des exploitations, mais aussi à aider les initiatives en faveur du stockage. Une dernière mesure que défendait en 2003… René Souchon.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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