Construire l’avenir en se rappelant le passé

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Construire l’avenir en se rappelant le passé
Salle comble, vendredi 6 décembre, pour la 86 e assemblée des Maraîchers nantais, largement consacrée à la célébration des 500 ans de l’activité. (© Loire-Atlantique Agricole)

La 86e assemblée générale des Maraîchers nantais s’est déroulée le 6 décembre dernier à Haute-Goulaine. Elle est notamment revenue sur l’événement « les 500 ans du maraîchage nantais ».

Les Maraîchers nantais se sont réunis en nombre pour leur assemblée générale annuelle, le 6 décembre dernier, à Haute-Goulaine. L’année 2013 a été marquée par la célébration des 500 ans de la profession, concrétisée par la superbe exposition réalisée sous les nefs des machines de l’île, du 31 août au 1er septembre (lire LAA n° 303 du 6 septembre, p. 28).
« Beaucoup de gens pensaient que nous n’y arriverions pas, et pourtant, nous l’avons fait ! », explique David Dubois, l’un des jeunes maraîchers impliqués dans l’événement. À ses côtés, une quarantaine de jeunes, une quinzaine de serristes et 40 aînés ont constitué les chevilles ouvrières, bénévoles mais ultra efficaces, de l’exposition.
Celle-ci a été un grand succès, avec 25 000 visiteurs sur les deux journées d’ouverture, qui ont témoigné de leur intérêt, de leur attachement à cette production, de leur admiration pour les savoir faire mis en œuvre. Un enthousiasme qui fait même se poser la question d’un autre événement, ou d’un musée, pour rassembler et mettre en valeur ce patrimoine maraîcher…

Refus du couperet environnemental

Malgré cette toile de fond positive, cette assemblée générale a été émaillée de plusieurs « coups de gueule ». D’abord, sur la directive nitrates, et plus généralement, sur les con-traintes environnementales. La profession a le sentiment de s’être beaucoup engagée ces dernières années, souvent de manière volontaire, et vit mal l’arrivée de nouvelles règles, venant « de personnes qui ne connaissent rien à nos mé-tiers », s’énerve le président, Philippe Retière. Il préfèrerait la discussion et la co-construction des programmes de protection de l’environnement, plutôt que « le couperet ». « Nous avons affaire à trop de donneurs de leçons, à trop de règles. Celles-ci deviennent illisibles, nuisibles. »
Sur le plan des phytosanitaires, les maraîchers ont rappelé que certains usages se retrouvaient orphelins, en raison des interdictions et de l’indisponibilité de nouveaux produits. Ils ont également souligné la distorsion de concurrence existant avec l’Allemagne sur ce sujet, puisque ses producteurs disposent d’un produit contre la mouche du chou, ce dont sont dépourvus les français.
En matière de distorsion de concurrence, il a évidemment été beaucoup question du coût du travail, et des handicaps des maraîchers français face à leurs concurrents européens. Selon Philippe Retière, le Crédit impôt compétitivité emploi n’est qu’un leurre : il est même loin de compenser ne serait-ce que la hausse des taxes de 2013 !
En 2013, cependant, les maraîchers ont eu quelques autres motifs de satisfaction que l’exposition des 500 ans : sur le plan de l’énergie, les serristes, gros consommateurs de gaz, développent désormais beaucoup la cogénération. Dans les mois à venir, 13 nouveaux moteurs vont s’ajouter aux 17 déjà en fonction. « Ensemble, les serristes produiront 72 MW, soit l’équivalent de la consommation électrique de 200 000 foyers », note Jean-François Vinet, qui précise que, sur ce dossier énergétique, le soutien des banques et des Pouvoirs publics n’a pas fait défaut. Par ailleurs, les serristes se sont organisés en groupement d’achat pour la fourniture de gaz : leur commande se monte à 20 M € au total.
Autre sujet positif de 2013 : la signature du volet maraîcher de la charte pour la prise en compte de l’agriculture dans l’aménagement du territoire. Une charte qu’il faudra faire vivre : « N’hésitez pas à aller aux réunions dans les mairies. Cette charte doit être utilisée », tance Philippe Retière.

Compétences et métiers

L’emploi est, depuis plusieurs années, un des points forts du secteur, premier employeur de main d’œuvre agricole du département. Le travail de recensement des compétences et des métiers s’est poursuivi en 2013, et a montré à quel point le maraîchage constitue un creuset d’emplois diversifiés et évolutifs. En 2013, l’étude encadrée par Éric Tesch, coordinateur emploi à la Fédération, identifie 33 métiers différents (de la serre au plein champ, en passant par la logistique), quand, en 2006, la profession n’en recensait que 16 ! Éric Tesch a insisté sur l’intérêt de valoriser l’appartenance des salariés à une entreprise, mais aussi à une filière : « Le maraîchage peut être source de fierté pour les salariés. »
Pour 2014, ces différents dossiers seront poursuivis. L’année sera marquée également par la tenue des Floralies de Nantes, dont les Maraîchers nantais, en tant que membres fondateurs, sont des acteurs majeurs. Le projet de création d’une maison des maraîchers nantais, qui serait couplée à un centre de transfert de technologies, devrait se préciser, avec le lancement d’un concours d’architectes.

Catherine Perrot

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