Contractualisation laitière : Du temps pour s'organiser

Didier BOUVILLE

Alors que les entreprises laitières se préparent à envoyer aux producteurs leur contrat individuel, la FDSEA et les JA ont tenu à faire un point à Luc-La Primaube mardi 1er mars sur les réunions qu'ils organisent en Aveyron. Objectif : informer les producteurs laitiers sur la contractualisation, mais surtout, les préparer à s'organiser collectivement.

La FDSEA et les JA ont souhaité faire un nouveau point sur la contractualisation laitière, en lien avec les réunions qu'ils organisent en Aveyron, un mois jour pour jour avant la date du 1er avril décrétée pour la réception des contrats individuels adressés aux producteurs par les entreprises, dans le cadre de la contractualisation proposée par la loi de modernisation de l'agriculture.
«Cette contractualisation peut se transformer en opportunité pour les éleveurs s'ils arrivent à se regrouper, à se rassembler pour peser collective- ment sur la gestion des volumes et la transformation des prix du lait» insistent Christophe Malgouyres et Michel Costes, respectivement président et vice-président de la section bovins lait FDSEA. Propos partagés par Vincent Bousquet, responsable du groupe bovins lait JA et LaurentBedel, président local FDSEA, membre lui aussi de la section bovins lait, réunis sur la ferme de Jean-Pierre Foulquier à Luc-La Primaube.Ce dernier qui produit 500000 litres de lait avec 60 vaches sur 60 ha, livre à Lactalis.Il avoue «avoir un peu peur de la contractualisation».Il ajoute : «Nous sommes liés tacitement à l'entreprise depuis que les quotas existent, la contractualisation est donc un grand mot pour nous.Ce que l'on souhaite, c'est l'instauration d'un rapport gagnant-gagnant entre les producteurs et les entreprises.On attend de voir les futurs contrats pour être fixé.Je serai à la réunion du 14 mars à Rodez pour m'informer.Je sais que les producteurs doivent se regrouper pour être une force».

17 réunions locales

Pour Christophe Malgouyres, «il est en effet nécessaire que les producteurs se regroupent, afin de mettre en oeuvre des contrats équilibrés avec les entreprises. C'est d'autant plus important que les quotas laitiers prennent fin le 31mars 2015.Pour demain, quelles solutions pour les volumes, les prix, la collecte, la facturation ?Les 17 réunions organisées par la FDSEA et les JA ouvertes à tous les producteurs sont l'occasion de donner notre position sur les contrats (lire le calendrier dans la VP datée du 3 mars 2011). Nous allons avant tout proposer deux projets d'organisation de producteurs, l'un à l'échelle d'une entreprise et l'autre à l'échelle d'un territoire. On propose aux producteurs de faire un choix. On attendra la parution du décret concernant les OP attendu pour la fin de l'année avant de nous engager. On ne signera pas les contrats si on n'a pas cette visibilité».

Effacer les craintes

Michel Costes, par ailleurs président du CODIL, note que les deux premières réunions FDSEA-JA déjà organisées à Salles-Curan et Pont de Salars ont mis en avant «la demande forte de la base des producteurs sur l'après quota, avec la volonté de trouver un consensus autour du regroupement des producteurs face aux entreprises, quelles que soient les étiquettes des producteurs» a-t-il précisé.«Nous sommes aujourd'hui sur un début de négociation, il faut le dire aux producteurs pour les rassurer et effacer leurs craintes». Vincent Bousquet confirme : «ces réunions sont importantes car il est indispensable de s'organiser collectivement pour avoir de la lisibilité à long terme.C'est une sécurité vitale pour les jeunes agriculteurs en particulier». Christophe Malgouyres a rappelé que l'interprofession laitière avait travaillé sur un cadre national et que cela «allait dans le bons sens». Il a encore invité les producteurs à ne pas signer les contrats individuels, afin de privilégier la négociation collective. «Le décret concernant la mise en place d'organisations de producteurs doit être publié cet automne, il nous faut utiliser ce temps pour nous organiser collectivement».C'est l'objectif des réunions FDSEA et JA.

Lait de Montagne : 10 ans d'expérience

La volonté de différencier le lait de Montagne produit dans le Massif Central est née il y a dix ans.Elle est d'une extrême pertinence au moment où se met en place la contractualisation.Le projet veut redonner du poids aux producteurs avec une marque collective «Montagne» qui sera leur propriété à travers leur association de producteurs de lait.Elle s'appuie sur une charte de valeurs et de pratiques prenant en compte le développement durable du territoire. Objectif : se réattribuer de la valeur ajoutée et maintenir la production, les entreprises de collecte et de transformation en zone de montagne. «Il nous faut trouver des valorisations complémentaires» assure Christophe Malgouyres. «Et dessiner de nouvelles orientations avec un projet de filière globale» insiste Michel Costes.

Source La Volonté Paysanne

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