Coop de France milite pour des coopératives plus compétitives

Lise Monteillet

Coop de France milite pour des coopératives plus compétitives

« Nos positions sont menacées », alerte Michel Prugue, le président de Coop de France. Pour autant, le combat n’est pas perdu.

« Il n’y aura pas d’agriculture durable s’il n’y a pas d’agriculture viable. Il est de temps de se réveiller ! », a déclaré Michel Prugue, le président de Coop de France, lors du congrès de l’organisation professionnelle, le 14 décembre, à Paris. Ce dernier souhaite placer « la compétitivité économique » au cœur de la stratégie des coopératives. « Nos positions sont menacées », alerte-t-il. A l’image des autres acteurs agricoles, les coopératives ressentent « un sentiment de déclassement, voire d’impuissance », selon le président. Pour autant, le combat n’est pas perdu. « Nous ne sommes pas riches mais nous sommes solides », affirme-t-il.

Manque de compétitivité

L’une des principales revendications de Coop de France attrait au CICE. « Nos coopératives ne bénéficient toujours par de ce crédit d’impôt alors qu’elles créent de l’emploi », déplore Michel Prugue. Il dénonce une « distorsion de concurrence ».

Plus largement, les coopératives agricoles manquent de compétitivité et de rentabilité, selon Christophe Lafougère, directeur du Gira, une entreprise de conseil. Celui-ci observe, pêle-mêle, une création insuffisante de valeur, un besoin d’être plus grand, une faiblesse à l’export, un retard dans le numérique ou encore une incapacité de contrecarrer l’accroissement de la volatilité des prix…  L’une des solutions passe, selon lui, par « le partenariat », quitte à « réfléchir sur le statut du minoritaire » pour dépasser les réticences.

L’agriculture reste, cependant, un enjeu majeur « dans un monde en bouleversement total », selon Philippe Dessertine, économiste. Pour la simple raison que la planète compte plus de 7 milliards de bouches à nourrir, fin 2016. « Economiquement, l’agriculture est l’un des grands enjeux des investisseurs », souligne-t-il.

Des coops bousculées par le numérique

Le numérique modifie profondément l’environnement des coopératives. Il est un moyen « d’amplifier les ventes en circuit court », selon Christophe Lafougère, faisant fi des frontières terrestres. Mais l’économiste n’oublie pas que cela constitue, en même temps, une « menace » pour les coopératives d’approvisionnement. Le risque : « l’ubérisation de l’agriculteur », ce qui conduirait, selon lui, à une crise sociétale.

Car le modèle coopératif ne doit pas perdre son ADN, au risque de ne plus faire sens auprès de ses membres. Comme le souligne Jérémy Decerle, le président des Jeunes agriculteurs, « les syndicats et les coopératives se sont parfois opposés. On ne peut pas s’en satisfaire ». Il appelle à « recréer un vrai dialogue entre nous ». Il prévient : « si nous voulons que les jeunes adhèrent aux coops, il faut d’abord que les jeunes adhèrent à leurs projets ».

Faire sens

Il est souvent reproché aux coopératives la distance de plus en plus grande entre l’organe de décision et ses adhérents. Christophe Lafougère souligne la nécessité de « davantage impliquer les adhérents dans la gestion de la coop », de pallier le « manque de formation » qui engendre « un manque de responsabilité et de discipline ».

Jean-Marie Séronie, agroéconomiste, insiste sur la « belle histoire à raconter » autour du modèle coopératif. Il précise : « on voit des gens qui ne savent plus où ils en sont ». « Je ne crois pas que cette histoire doit être écrire par les hommes politiques. C’est à la profession de l’écrire et de la proposer à la société », propose-t-il. Une idée qui sied à Xavier Beulin, président de la FNSEA, rappelant que « la somme des solutions individuelles ne constitue pas une solution collective et durable ».

Pour en savoir plus : le chiffre d'affaires des coopératives agricoles en recul en 2015

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Commentaires 10

Bruno

@Bearn : si une coop ne dégage pas de bénéfices, il n'y a pas de redistribution.
Peut-être que la tienne paie trop pour en avoir, souffre d'un déficit passé d'investissement, ou tout simplement doit supporter encore les charges de mises aux normes.
Par ailleurs, avec la mécanisation en agriculture, bon nombre de structures doivent repenser totalement leurs outils de réception en adéquation...

@bearn

tu as raison , vous voila apporteur de capitaux dans une cooperative , et ou sont passés les dividendes ? paysans vendez vos fermes et mettez vos ronds dans des fonds d'investissements vous verrez ce qu'est la rentabilité , et vous serrerez alors un peu la vis dans des coops ou les paysans crevent de faim et les directeurs roulent en 4x4 ds notre ceta le technicien un ingenieur 10ans d'experience touche 1600€/mois à la coop celui qui s'occupe d'1 seul silo 2200€/mois hors week end et sejour offert par la coop et les firmes

Claude fr

Les coups ne sont pas compétitives!!!!!je crois pourtant savoir qu'elles ne paient pas l'impôt sur les sociétés (30%)contrairement aux négoces.Alors comment eux peuvent être compétitifs par rapport aux coops.
Comme avait dit un homme politique je crois qu'il faudrait dégressif le mammouth

Bearn

Moi ce qui m'insupporte c'est qu'il continue a s'appeler cooperative!! J'ai jamais touche de participation au benefice en fin d'annee et quand on est en droit de reclamer ses parts sociales ya plus personne

Seb

Tout les hommes sont frères mais les poches ne sont pas soeurs

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