Coop de France souhaite des prêts à taux nul et le report des annuités

Lise Monteillet

Coop de France souhaite des prêts à taux nul et le report des annuités
Michel Prague, président de Coop de France.

Coop de France a été reçu par le ministre de l’Agriculture, mardi 2 août. Elle lui a demandé de compléter le plan annoncé le 27 juillet par des mesures destinées à soutenir la trésorerie des exploitants agricoles.

« Dans l’immédiat, la priorité doit être le soutien de la trésorerie et à la baisse des charges », déclare Coop de France, dans un communiqué. Michel Prugue, président, et Christian Pees, vice-président, ont rencontré Stéphane Le Foll mardi 2 août, afin de lui formuler de nouvelles propositions pour soutenir les agriculteurs dans « un contexte exceptionnel de crise ».

L’organisation représentant les coopératives agricoles souhaite que les exploitations puissent contracter directement des prêts à court terme à taux nul, le différentiel étant pris en charge par le Fonds d’allègement des charges (Fac), ou garantis par la Banque publique d’investissement (BPI) à taux réduit. Ses représentants sont également favorables à un report des annuités 2016-2017 en fin de tableau d’amortissement, avec prise en charge du différentiel d’intérêt par le Fac.

Les coopératives souffrent aussi

De nombreuses coopératives sont aussi touchées par la crise et doivent « faire face à d’importantes pertes d’exploitation », selon Coop de France. Elle demande que mes coopératives puissent « s’appuyer sur des décisions de reconnaissance de catastrophe naturelle » pour pouvoir recourir au « dispositif d’activité partielle ». Certaines pourraient avoir besoin de mesures de report ou d’allègement des charges sociales, ainsi que d’emprunt bancaire des des conditions simplifiées. Elles risquent aussi de devoir reporter leurs investissements de mises aux normes.

A moyen terme, Coop de France a proposé de retirer la référence à l’année 2016 dans les moyennes quinquennales pour les différents dispositifs réglementaires.

Réformer la Pac

Coop de France « a exprimé sa satisfaction quant à la décision du ministre de maintenir à 10 % le niveau de prélèvement sur les aides du premier pilier de la PAC destinées à financer le paiement redistributif pour 2017 », ajoute le communiqué.

La Pac devrait d’ailleurs d’être réformée « sans délai », en testant dès 2018 « de nouveaux dispositifs ». A ce titre, le ministre a annoncé qu'un rapport sur les mécanismes de gestion de crise a été commandé au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). 

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Commentaires 3

REM

Malgré la crise, les marchands de matériels ont beaucoup vendu et les prix du foncier n'ont jamais été aussi élevé. Comment explique t-on cela?
Aujourd'hui, nous sommes en concurrence entre les producteurs. Le chacun pour soi, l'individualisme qui existe de plus en plus devrait nous faire réfléchir sur l'agriculture de demain .
La petite agriculture familiale s'en sort presque mieux, tout en ayant beaucoup moins de primes et encore moins d'aide pour les investissements.
Exemple des éleveurs laitiers qui abandonnent le pâturage pour des systèmes hors sols beaucoup plus coûteux.Ils choisissent ce système pour pouvoir s'agrandir,toujours s'agrandir, sans beaucoup réfléchir sur l'avenir des emplois et de la vie de certaines petites régions. Ne devrait-on pas retrouver plus de solidarité entre nous? Certains achètent des droits à produire, pourquoi?
Il est temps de réfléchir aux systèmes d'exploitations le mieux adapté à nos différents territoires

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Il faut des prix au dessus du coup de production. Depuis 3 ans les comptabilités sont tout juste positives et ce malgré 1 année exceptionnelle. Le problème n'est pas que de cette année. L'agriculture a toujours été des bonnes et des mauvaises années, mais encore faut-il gagner de l'argent quand c'est bon. Cette année c'est une demi récolte en terme de rendement (50% en moins et non 10 a 25), il manque minimum 500€/ha, et arrêtons de dire n'importe quoi.

Otto

très intéressant : les taux court terme sont entre 0,4 et 1,4 % - prenons 1% et imaginons 100000 € de besoin cela fait 1000 € de soutien

100000 =. 190 ha *. 4 tonnes par ha de perte de rendement et un peu plus de. 130 €/ tonne

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