Coop solide cherche producteurs bio

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Coop solide cherche producteurs bio
Exposé de Rémi Broncy sur les objectifs à moyen terme de Sodiaal.

SODIAAL L’entreprise coopérative a décroché un marché bio en Chine. Mais elle manque de producteurs convertis.

Sodiaal a conclu un marché avec la Chine. Il lui faudra livrer de la poudre de lait infantile bio. Le site de Montauban a été retenu pour la produire. Ajouté au lait de consommation bio pour le marché intérieur (voir encadré), ce sont 150 millions de litres dont le géant coopératif aura besoin à l’horizon 2020. Et s’il est prêt à acheter un tiers du lait, il espère 100 millions de litres bio en collecte propre. Mais aujourd’hui, il est loin du compte. La section Cantal, Corrèze, Lozère, que préside Rémi Broncy, a présenté aux producteurs de lait cantaliens, mardi à Saint-Mamet, les atouts d’une conversion biologique. 
Dans le Massif central - soit le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, le Cantal, le nord de la Lozère et une partie de la Corrèze - Sodiaal n’a que onze millions de litres de lait bio (sur les 450 millions) collectés chez 57 producteurs. Comme pour chaque région du Sud-Ouest de la France, il table sur 30 millions de litres. En clair, il manque 20 millions de litres de lait bio dans les collectes du Massif central. Il reste donc à convaincre 5 % des producteurs de se convertir au bio. Si on applique à la lettre cette arithmétique au département du Cantal, sur les 450 producteurs qui livrent à Sodiaal, il en faudrait au moins 22 intéressés. “Ou bien davantage, compte-tenu de la relative proximité du sud département avec le site montalbanais”, précise Lilyan Bellanger, responsable des relations avec les producteurs du Massif central.

Des arguments pour convaincre

Le projet est d’autant plus sérieux que la Chine - qui vient de mettre fin à la politique de l’enfant unique - s’est financièrement engagée avec Sodiaal Union pour être régulièrement livrée en lait infantile bio en  poudre (6 000 tonnes par an). Les travaux nécessaires pour l’usine Nutribio de Montauban mobiliseront quelque 15 millions d’euros et démarreront dès 2016. L’entreprise propose aux producteurs un contrat sur sept ans, avec des aides dès le début de la conversion : + 30 euros/ 1 000 l. pendant 18 mois, cumulables avec la prime AOP pour ceux qui sont dans la démarche. “Puis plus de prime AOP, puisque notre lait bio ne sera pas  transformé en fromage d’appellation”, précise Régis Vidal, conseiller laitier, chargé pour Sodiaal du développement bio dans le Cantal et en Lozère. Mais il promet un prix rémunérateur et bien plus stable qu’en conventionnel, chiffres à l’appui.

La plus-value

En effet, une prime de 80 à 120 € par 1 000 litres est versée aux producteurs bio, en plus du prix de base (prix A, correspondant au marché intérieur). “Et même au delà, puisque s’ajoute un complément en cas de chute sévère du prix A, activé par exemple en 2009/2010 et en 2015”, précise Régis Vidal. De fait, cette année, à un prix de base de 311 €, ce sont ajoutés une prime bio de 97 € et un complément de prix de 30 €. Soit un lait bio payé 438 €/1000 l. Et surtout, un calcul a été fait quant à l’équilibre avec des charges nouvelles et son impact sur le revenu par UMO (unité de main d’oeuvre). Là où un éleveur conventionnel touche l’équivalent de 0,97 d’un Smic, le producteur bio perçoit plus de 1,2 du Smic. Naturellement, cette plus-value suppose l’adhésion à un cahier des charges, dont Vincent Vigier, de la Chambre d’agriculture, a présenté les grandes lignes. Il a rappelé combien les contraintes ont été allégées en 2009 et que beaucoup n’ont peut-être que très peu à changer dans leur conduite pour basculer en agriculture biologique. 

R. Saint-André

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