Coût du travail : La FNSEA attend les propositions du Premier ministre

La FNSEA, en congrès à Saint-Malo, attend de pied ferme les propositions du Premier ministre François Fillon sur la réduction du coût du travail dans l'agriculture, une demande pressante du premier syndicat agricole français pour retrouver de la compétitivité.

«Nous attendons des engagements et surtout des propositions concrètes», a déclaré mercredi Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), en réponse aux propos tenus le matin même par le ministre de l'Agriculture.

Sur Canal+, Bruno Le Maire s'était déclaré une nouvelle fois «très favorable» à un allègement des charges sur le travail permanent en agriculture. Il avait indiqué que M. Fillon devait s'exprimer sur le sujet jeudi dans son intervention en clôture du 65e congrès du syndicat. Que M. Fillon aborde ce sujet a créé la surprise au sein de la FNSEA, plutôt favorable à un large «débat d'envergure nationale», dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2012.

«Il faut plus de six mois ou même un an pour mettre en place ces mesures qui doivent s'appréhender dans le cadre d'une mandature», a souligné M. Beulin. Il se veut néanmoins optimiste : «Je ne peux pas croire que le ministre de l'Agriculture s'exprime comme cela sans avoir des assurances du Premier ministre ou du chef de l'Etat».

Les annonces ne devraient toutefois pas être de grande ampleur, le Premier ministre pouvant se limiter à annoncer un calendrier sur la mise en place de
mesures pour la réduction du coût du travail.

Taux horaire d'un salarié en France : 12,5 euros, contre 6 euros en Allemagne

Ces derniers mois, la FNSEA n'a jamais manqué de monter au créneau pour dénoncer le coût du travail en France. C'est pour elle un handicap qui, comme l'a encore rappelé M. Beulin, « est un facteur de perte de compétitivité surtout par rapport à nos voisins allemands et du nord de l'Europe ».

Dans la filière légumes, par exemple, le taux horaire d'un salarié enFrance s'élève à 12,5 euros, contre 6 euros en Allemagne. Depuis qu'il est en charge de l'Agriculture, M. Le Maire a très bien entendu ce discours et n'a pas ménagé ses efforts pour obtenir un allègement significatif des charges patronales pour l'emploi occasionnel. Les mesures prises pour l'emploi des saisonniers, en vigueur depuis le 1er janvier 2010, coûtent 500 millions d'euros par an à l'Etat.

L'objectif est désormais de s'atteler au travail permanent. Le montant d'une telle mesure est estimé à un milliard d'euros par an. Et il devrait être supérieur si, comme le souhaite la FNSEA, certains industriels, comme les abattoirs, bénéficiaient de cette réduction des charges.

Plusieurs pistes sont avancées. La FNSEA est favorable à l'instauration d'une forme de TVA sociale, de 1 à 1,5 point venant s'ajouter au taux réduit de 5,5%, pour rendre plus compétitive l'agriculture française. Les partis politiques y vont aussi de leurs propositions: taxer les marchés financiers, instaurer une nouvelle CSG, ou encore instaurer un impôt sur le chiffre d'affaires de l'alimentation vendue dans la grande distribution.

Cette dernière voie a fait l'objet d'une proposition de loi du Nouveau Centre,qui a été rejetée mercredi en commission à l'Assemblée nationale. Ce texte du député Jean Dionis du Séjour a reçu toutefois un accueil favorable sur le principe du ministre de l'Agriculture mais ce dernier a jugé que le financement du dispositif n'était pas « euro-compatible ».

Source AFP

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