Crise agricole : La FDSEA soutient tous les producteurs !»

Didier BOUVILLE

Crise agricole : La FDSEA soutient tous les producteurs !»

L'ampleur de la crise laitière qui secoue la profession agricole n'est pas une surprise pour la FDSEA qui bataille sur le terrain syndical depuis des mois. Les pouvoirs publics semblent enfin prendre la mesure de la crise, malgré les premiers signaux d'alerte lancés dès le mois de juin par la FNPL et la FNSEA. Le point de vue de Christophe Malgouyres, président de la section bovins-lait FDSEA.

- Comment appréhendez-vous cette crise en Aveyron ?

« L'accord de début juin était en deçà de nos espérances, on l'a dit et on le répète. Mais il a permis de fixer une limite plancher à ne pas franchir pour les industriels. Même des responsables syndicaux qui ne sont pas dans notre mouvance ont reconnu récemment le mérite de cet accord. Il faut savoir que le prix du lait ne se décrète pas, il se construit sur des valorisations de produits. L'uniformisation du prix revendiquée par certains au niveau européen est inconcevable aujourd'hui pour nous, producteurs français. Car notre pays fabrique des produits laitiers à forte valeur ajoutée. Ce que nous voulons, c'est que les producteurs français reprennent la main. La FNPL parle de maîtrise des volumes depuis longtemps, notamment, à notre demande, pour le gel de l'augmentation des quotas décidée par l'Europe en mai et la suppression des prêts de fin de campagne pour 2009-2010. C'est un premier pas nécessaire pour enclencher une véritable régulation européenne des marchés qui doit absolument se mettre en place dans les mois qui viennent. Mais le Sud-Ouest qui est une zone en forte sous-réalisation ne veut pas être le levier de la régulation de la production laitière française.

- Comment voyez-vous l'évolution du prix du lait ?

La mise en place du logo «lait de France» par la FNPL depuis lundi dernier a d'abord pour objectif de responsabiliser les achats des consommateurs français. On peut ensuite espérer des indicateurs de marché plus favorables pour début 2010. Il y a en effet des signaux positifs, avec l'arrêt des cotations à la baisse du beurre et de la poudre de lait, et une hausse du lait spot (lait d'excédent sans valorisation pré-définie). Personne ne peut occulter la réalité du marché et de la crise économique actuelle. J'entends certains clamer qu'ils ne se soucient pas de savoir ce que fait le transformateur de leur lait. C'est à mon avis totalement irresponsable comme propos.

- L'annonce du ministre de l'agriculture relative aux prêts de soutien des trésoreries des producteurs de lait de vache vous satisfait-elle ?

C'est une réponse à une revendication de la FNPL qui date de mai dernier. Car nous savions déjà que ce serait difficile pour les producteurs laitiers et qu'il faudrait agir sur un levier de réduction de charges. Cette annonce confirme le soutien que nous avons obtenu il y a quinze jours au niveau des banques régionales. Cette enveloppe nationale de 250 millions d'euros se traduira en Midi-Pyrénées par la possibilité d'emprunter environ 40 euros/1 000 litres à un taux de 2,85 % sur cinq ans, ce qui représente 8 000 euros en moyenne pour une exploitation aveyronnaise. Ce soutien à la trésorerie doit permettre de passer ce cap difficile pour les producteurs les plus fragilisés par cette crise laitière sans précédent.

- Quel est le calendrier syndical des prochains jours ?

Nous allons réunir un conseil fédéral FDSEA exceptionnel ce vendredi soir à Rodez, en présence notamment de tous nos responsables communaux de la section bovins-lait. Nous allons rappeler les revendications portées par la FNPL et la FNSEA depuis des mois, et échanger à nouveau avec notre base syndicale pour prendre une décision commune sur les orientations de la FDSEA. Il faut aussi préciser que nous demandons toujours une «année blanche» pour toutes les productions, c'est ce qu'a réitéré la FNSEA samedi dernier auprès du ministre de l'agriculture par la voix de Dominique Barrau.

- Ce sera aussi l'un des mots d'ordre de l'action du 16 octobre à Toulouse ?

En effet, cette action régionale concernera toutes les productions, ce sera un rendez-vous important pour une zone agricole fragile comme la nôtre et qui souffre à tous les niveaux. Cette action du 16 octobre se tiendra à la veille de la réunion du Conseil agricole européen du 19 octobre prévue à Luxembourg. Nous sommes donc totalement en phase avec le calendrier politique européen et toujours en mouvement. Qu'on se le dise !« .

Source La Volonté Paysanne

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