Crise agricole : Une conférence régionale en dessous des attentes de la profession

Sophie Giraud

Le président de la région Auvergne a proposé la mise en place d'un fonds de garantie doté de 500 000 euros. Insuffisant, répond la profession.

La présentation aura duré pas moins de trois heures. Représentants du monde agricole, de la Draaf, de la MSA, des industries agroalimentaires, des organismes de recherche ou encore des établissements bancaires… Tous ont pu s'exprimer, jeudi dernier, dans l'enceinte de la salle des assemblées du Conseil régional, réquisitionnée pour accueillir la conférence régionale agricole. Première du genre, cette conférence, qui n'a pas donné lieu à une concertation préalable, a abordé la crise agricole. Chacun avec ses mots a exprimé le désarroi des agriculteurs pris dans le cercle infernal de baisse de prix et de hausse des charges. Après les annonces présidentielles, les professionnels sont venus dire à la Région que les collectivités territoriales avaient également un rôle à jouer pour venir en aide à un secteur profondément chahuté. Le soutien pourrait être de deux natures, comme l'a expliqué Michel Leblay, président de la FRSEA Auvergne : “un accompagnement du plan Sarkozy par la prise en charge d'intérêt d'emprunt pour arriver à des prêts à taux zéro et un soutien (...) aux Cuma”.

Redéploiement

Réponse du président Souchon, “la Région ne peut être le supplétif du budget agricole européen et français. On ne peut pas toujours accompagner les mesures nationales”. Néanmoins, le président s'est dit ouvert sur la question de la bonification d'intérêt d'emprunt. La réflexion est ouverte et devant la presse, René Souchon a avancé le chiffre de 500 000 euros, qui, grâce à un redéploiement budgétaire sur l'exercice 2010, pourraient être dévolus à cette bonification. Les agriculteurs les plus en difficultés pourraient être la cible de cette mesure. Sur la question du soutien aux Cuma, même s'il a estimé que “la vocation de la Région n'est pas d'aider systématiquement tous les investissements des Cuma”, le président a proposé d'élargir le fonds de garantie aux Cuma, “sous réserve d'expertise”. Grâce à des ajustements faits sur le budget agricole régional 2009, dont la consommation en octobre atteignait seulement 30 %, le Conseil régional propose le redéploiement de ces 500 000 euros sur le fonds régional de garantie.

 

Trente-cinq à 40 bénéficiaires

Il doit permettre de garantir entre 15,5 et 18 millions d'euros de crédits nouveaux au cours des quatre prochaines années. “Alors que la crise touche toutes les productions et que des milliers d'agriculteurs sont dans la détresse, le Conseil régional va soutenir, selon sa propre estimation, entre 35 et 40 éleveurs avec ce fonds”, déplorent FRSEA, JA et Chambre régionale d'agriculture, dans un communiqué. Ces derniers regrettent le manque de soutien direct aux agriculteurs, le fonds de garantie n'étant qu'une caution pour que les banques puissent prêter. D'autre part, ils déplorent qu'en cette année de crise, le Conseil régional n'ait pas abondé le budget agricole, puisque les mesures annoncées seront mises en oeuvre à budget constant.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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