Crise du lait : La campagne bretonne redoute la désertification

B.BOUCHOT d'après AFP

La fin programmée des quotas laitiers fait planer le spectre d'une campagne bretonne désertée, où plus des deux tiers des fermes auraient disparu au profit de très grandes exploitations, avertissent les agriculteurs locaux.

« La production de lait est la clé de voûte de la ruralité. Vous imaginez la Normandie ou la Bretagne sans éleveur ? », souligne Pascal Massol, président de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI) à l'origine de la grève du lait mi-septembre, qui a été bien soutenue en Bretagne.

De 90 000 à 30 000 exploitations

Sans compensation, la fin des quotas laitiers en 2015 ramènerait le nombre d'exploitations laitières en France d'environ 90.000 actuellement à 30.000 voire 20.000 en 2035, selon « la France laitière 2015 », une étude de l'Institut de l'élevage publiée en septembre. En Bretagne, des 17.000 éleveurs d'aujourd'hui, il ne resterait que 6.000 exploitations industrialisées comme au Danemark ou au Pays-Bas, abandonnant peu à peu l'herbage au profit du nourrissage au maïs, selon la même source.

Le modèle du Grand ouest avec ses vaches au pré, son bocage et ses cultures fourragères, est en danger, s'inquiète le président de la chambre d'agriculture de Bretagne, Jacques Jaouen. « S'il n'y a plus de régulation, si la libre concurrence est instaurée, c'est suicidaire », affirme-t-il.

Les producteurs de lait participent à l'entretien du territoire en maintenant le bocage qui fait la particularité du paysage, souligne M. Jaouen en précisant que ces travaux sont faits par les paysans, « pas par des gens qu'il faut payer ». « C'est le lait qui dessine cette région et fait tourner l'économie locale », renchérit Nicolas Morvan le président de la communauté de communes du pays de Quimperlé, qui compte 53% de producteurs laitiers parmi ses agriculteurs.

Source AFP

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